Baptiste est né en 1952 sur les rivages de la Garonne. Depuis sa plus jeune enfance, il sillonne les bords et les
îles de la Méditerranée, celles des Caraïbes et des Antipodes.
« Peut-être une nuit ai-je rêvé être Ulysse ? Sans doute une autre nuit j’ai rêvé mettre mes pas dans les siens.
Et puis un jour j’ai approché ce rêve de si près qu’il m’en laisse quotidiennement la trace ».

Les « pèlerinages » de Baptiste consistent à se rendre sur des lieux mythiques pour en prélever des
traces et répondent à une intuition profonde : l’humanité transmet parce qu’elle oublie, et l’art sert à retrouver la chose perdue.
Baptiste est un artiste voyageur, il prélève limons, terres, eaux, sédiments, fragments de lieux qu’il
intègre à ses œuvres. Sa production comprend peintures, gravures, installations et vidéos, toutes
traversées par un même geste : rapporter à l’atelier une part réelle du paysage. Ses œuvres deviennent ainsi des surfaces sédimentées, où se rencontrent le mouvement du monde, la mémoire des migrations et la fragilité des êtres.
Pour lui, l’art n’est pas abstraction, mais incarnation. La métaphore n’est plus un procédé littéraire, mais se convertit comme acte littéral : transporter une matière, déplacer un fragment de terre. Ici, ce geste dialogue avec le travail conceptuel de Lawrence Weiner (Farine & Eau, 1993, dépôt du MacLYON) qui lui fait face , affirmant la primauté de la matière sur l’idée.
Au centre de son travail se trouve la Méditerranée : Les 7 Merveilles du Monde, L’Iliade et l’Odyssée… Baptiste en recueille les mémoires : mer-faste du commerce antique, mer-idyllique des récits, mais aussi mer tragique, devenue aujourd’hui cimetière des exils. La mer enfin, transparente mais où bien caché, se trouve le sel : mémoire, histoire, survie, dont l’artiste révèle le dépôt invisible.
« Deux statues, un temple, un jardin, deux tombeaux et un phare.
Six de ces merveilles ont aujourd’hui disparu, certaines détruites
par la nature, d’autres par la main de l’homme.
Leurs traces demeurent pourtant bien présentes dans notre monde contemporain.
Le nombre des huitièmes merveilles peut en témoigner.
Les traces plus ou moins apparentes que nous en gardons sont le signe
de notre humanité, le lien que tissent les hommes vers d’autres hommes
dans l’espoir de relier à la chose perdue.
Ne peut-on transmettre que ce que l’on a oublié ou détruit ? »
Baptiste