
Christophe Cinq-Fraix développe des pratiques transversales qui mobilisent une grande diversité de médiums, allant de l’installation à la sculpture, en passant par la photographie et diverses expérimentations visuelles. Il conçoit notamment des totems et des dispositifs in situ, réemployant des matériaux trouvés sur les plages – branches, filets ou déchets marins. Ces créations, par essence éphémères, intègrent leur propre disparition comme une étape du processus, la photographie venant en assurer la persistance mémorielle.
Son travail questionne notre rapport aux images, aux objets et aux traces que nous produisons dans notre environnement. Attaché aux matériaux ordinaires et aux formes simples, Christophe Cinq-Fraix construit, par assemblage, une esthétique du quotidien : figures hybrides évoquant des monstres primitifs, mobiles animés par le vent ou structures abstraites de grande échelle.
Par ailleurs, l’artiste explore les jeux de reflets dans l’eau et les scènes du quotidien. Ces séries photographiques interrogent à la fois des dimensions intimes et des enjeux sociétaux, tel l’isolement – particulièrement durant les périodes de confinement -, ou les mutations des modes de vie. À travers cette pluralité de pratique, il cherche à susciter une expérience sensible et poétique du regard.


Ses œuvres entretiennent une proximité manifeste avec l’Art brut, le Surréalisme, l’art cinétique ou encore le Land Art. Les totems photographiés évoquent l’univers de Gaston Chaissac, les miroitements renvoient aux Matériologies de Dubuffet, tandis que d’autres expérimentations font échos aux frottages de Max Ernst et aux tableaux rébus de Magritte. Ainsi, la démarche de Christophe Cinq-Fraix ne relève pas d’une approche strictement photographique : il opère en plasticien, intégrant consciemment les héritages formels du XXe siècle, tout en les reconfigurant à l’aune des outils numériques contemporains.
Une image par jour pendant 365 jours.
Avec 365 – Le destin d’une image, Christophe Airaud transforme la contrainte en expérience visuelle immersive et questionne frontalement notre capacité à regarder.
Dans le cadre du Mois de la Photographie à Bordeaux la Bakery Art Gallery accueille l’exposition 365 – Le destin d’une image réalisé par Christophe Airaud. Christophe Airaud est un photographe et professionnel des médias. Il est également rédacteur en chef au sein de France Info Culture.
Attaché à Bordeaux et à ses alentours, il développe une approche ancrée dans le déplacement quotidien, l’attention flottante et la captation de l’instant. Ses images naissent souvent dans l’urgence ou le hasard. Parfois dans des contextes ordinaires qu’il détourne par le cadrage et la lumière.

Que signifie le titre « le destin d’une image » ?
» C’est arrivé le 6 mars. Une chambre d’hôpital, les couleurs de la peinture toujours sinistres (on se demande bien pourquoi) et au mur entre deux fils électriques qui pendent, un cadre de guingois mais une superbe image. Une vue de lac ou d’étang, de superbes lumières une application dans le cadrage. Le photographe avait tout bien fait pour que cette image ne finisse pas accrochée là, au rebut … Comme j’avais le temps, j’ai pensé … pourquoi certaines images ont un destin glorieux et d’autres ratent leurs carrières ? «
Née le 1er janvier 2025 sur la route des Landes, au sud de Bordeaux, la série s’ancre géographiquement là où elle a émergé. Après une première présentation en février 2026 à la Galerie Rastoll à Paris (6e arrondissement), cette version bordelaise propose une déclinaison augmentée : 365+, pensée spécifiquement pour l’espace de la BAG.
Le protocole est radical : une photographie par jour durant toute l’année 2025. Aucun thème, aucune narration, aucun storytelling. De minuit à minuit, l’image doit surgir — comme une apparition.

Réalisées au gré des déplacements, dans l’urgence, à l’instinct, parfois en scooter, parfois dans le silence des natures mortes, les images peuvent être cadrées avec précision ou captées dans une brutalité assumée.
La postproduction devient un second terrain d’exploration : les photographies sont retravaillées, altérées, presque malmenées pour déplacer notre perception du réel.

L’accumulation crée un fourmillement visuel : dates, géographies, souvenirs flous, semaines sombres et jours d’éclaircies se répondent.
Mélancolie, disparition, crainte, mais aussi éclats de jeunesse et respirations lumineuses composent cette cartographie émotionnelle.
365 + / Le destin d’une image ne donne pas de réponse définitive. Elle pose une question plus urgente :
Dans un monde saturé de flux visuels, avons-nous encore le courage des yeux ?
Christophe Airaud est un photographe français qui a débuté sa carrière professionnelle à la fin des années 1980, collaborant en tant que freelance pour des médias comme Libération, L’Humanité et Sud-Ouest. Pendant cette période, il a également exposé ses œuvres à Bordeaux, notamment lors d’une exposition conjointe avec Claude Bourgeyx.
En 1990, il s’éloigne de la photographie pour se consacrer au journalisme et travaille aujourd’hui comme grand reporter pour
Franceinfo Culture. À partir de 2016, il revient à la photographie et présente plusieurs expositions à la Galerie Rastoll à Paris ainsi qu’à La Place des Photographes à Arles. Parmi ses séries les plus remarquées figurent Disparition(S), Tombé du Ciel et Suerte. Il est également représenté par la Galerie Rastoll à Paris.