Fort d’une expérience de plus de 25 ans dans la médiation de l’art contemporain, Connaissance de l’art propose depuis octobre 2009 de vous accompagner lors des Week-Ends ART® à la découverte des plus importantes collections, des expositions évènements et à la rencontre des acteurs professionnels du monde de l’art. Près de 50 destinations ont déjà été ouvertes à l’occasion d’expositions temporaires, de foires internationales ou simplement pour découvrir une ville, ses musées, ses fondations, galeries, et ses artistes.
Parce que nous ne sommes pas une agence de voyages, mais des spécialistes de l’Histoire de l’art, nous vous laissons composer votre WeART… selon vos disponibilités et vos envies. Vous effectuez vous-mêmes les réservations de transports et d’hôtel. Ainsi, vous êtes libre de choisir vos dates de séjour et votre hôtel comme vous l’entendez ou parmi le choix que nous vous proposons.
Nos prochains Week-Ends Art :
METZ > 21 – 22 JANVIER 2023
COPENHAGUE > 17 – 19 FEVRIER 2023
MALAGA > 03 – 05 MARS
ANVERS – KEMZEKE > 14 – 16 AVRIL 2023
BORDEAUX > 5 – 7 MAI 2023
TRIESTE – LJUBLJANA > 18 – 21 MAI 2023
LIVERPOOL > 16-18 JUIN
ARLES > 7 – 9 JUILLET
ROME > 22 – 24 SEPTEMBRE 2023
PARIS > 20 – 22 OCTOBRE 2023
RÉSERVATION :
La réservation est obligatoire afin de vous assurer que votre WeART est
ouvert et qu’il reste des places. Dès notre confirmation, vous pourrez ensuite
effectuer vos réservations de transports et d’hôtel en toute sécurité.
Contact :
09 67 09 27 65 / weart@connaissancedelart.com
Organisez votre événement dans un cadre culturel exceptionnel !
Rue du Mirail ou rue Saint-François, BAG_Bakery Art Gallery propose cinq espaces atypiques qui peuvent accueillir des manifestations privées (séminaires, cocktails, dîners, tournages) et publiques (rencontres, spectacles vivants) associées à des visites privées de l’exposition temporaire, de la collection d’oeuvres d’art et de design contemporaines et de l’Hôtel de la Perle, réalisées par Christian Pallatier, et accompagnées d’une prestation traiteur sur-mesure élaborée par Sylvie Pallatier.
Des espaces variés pouvant accueillir entre 25 et 380 personnes.
La richesse et la diversité des univers de la boulangerie-pâtisserie et de la galerie BAG_Bakery Art Gallery, ainsi que l’omniprésence d’oeuvres d’art et de design contemporains et l’histoire des lieux, contribuent au succès des événements qui s’y déroulent.
Nos espaces
BAG combine à la fois, une galerie d’art et une boulangerie-pâtisserie biologique et 100% libre de gluten, avec 4 espaces atypiques et autonomes pouvant être privatisés autour d’une terrasse en cour intérieure.
Terrasse
Cour intérieure calme située en plein cœur du vieux centre-ville de Bordeaux, la terrasse offre une pause hors-du-temps et une vue singulière sur la flèche Saint-Michel.
Green Room
Équipée d’un mobilier de design moderne et confortable, la Little Green Room est conçue pour accueillir les visiteurs de la boulangerie à la recherche de calme et de convivialité. Située en hauteur avec vue sur la terrasse et la flèche Saint-Michel, elle offre une atmosphère chaleureuse.
Librairie
Espace modulable avec accès direct à la terrasse privée de BAG, celle-ci accueille parfaitement un buffet dans une ambiance conviviale.
Galerie
Deux espaces sur deux niveaux destinés à accueillir les expositions temporaires d’art contemporain de la galerie.
niveau 0
Vaste espace lumineux, polyvalent, épuré et pourvu de larges baies vitrées. Il bénéficie d’une entrée directe depuis la rue Saint-François. L’exposition temporaire, peut être maintenue, et offrir également un environnement exceptionnel.
Galerie
Deux espaces sur deux niveaux destinés à accueillir les expositions temporaires d’art contemporain de la galerie.
niveau -1
Espace intimiste propice aux réunions créatives, conférences et événements privés. L’exposition temporaire, peut être maintenue, et offrir également un environnement exceptionnel. Il bénéficie d’un accès direct à la boulangerie∙pâtisserie.
Deux lieux au coeur de Bordeaux…
BAG est située dans l’Hôtel de la Perle, bâtiment exceptionnel entièrement classé et construit au milieu du XIXe siècle, à l’angle de la rue Saint-François et de la rue du Mirail, sur les vestiges de l’immense ancien hôtel particulier du XVIIe siècle.
Un service traiteur sur-mesure adapté à vos évènements
La privatisation des espaces BAG peut être associée à une prestation traiteur sur-mesure assurée par Sylvie Pallatier, boulangère-pâtissière de la Bakery Art Gallery. De l’apéritif-dînatoire jusqu’au petit-déjeuner, nous sommes à votre écoute pour réaliser ensemble votre projet.
information / réservation
Christian Pallatier
Tél. : +33 (0)6 12 08 59 54
courriel : cp@bakeryartgallery.com
© Traumfabrik, d’après une photographie de Salvador Costa, 2022
1977 NO FUTURE //
01.12___31.12.2022
Commissariat : Pierre Ponant et Traumfabrik
vernissage__jeudi 1er décembre à partir de 17h
le bonus du vernissage : Ghost Tapes Fanzino Cassettes Set – 1976-84 – par Andres Alvare
L’exposition 1977 No future présente un ensemble de pièces graphiques retraçant l’histoire d’un mouvement à la fois musical et plastique, le Punk.
Né dans les années 1976/77, sur la scène étasunienne et en Grande-Bretagne, ce mouvement marque son époque, à la fois par son héritage dadaïste et situationniste dans une posture « No Future » et une communication où la chaine graphique traditionnelle est complètement remise en cause. Le graphisme punk se définit comme un art de l’instant, reprographié.
De nombreuses publications apparaissent sous l’intitulé de fanzines ou, pour les plus sophistiquées, de graphzines. Une esthétique de dessins sales et de typographies récupérées dans la presse, de calligraphies et de lettrages transferts donne une image à ses groupes de musique qui révolutionnent la scène pop encore dominante dans ce cœur des années 70.
Les travaux graphiques flyers, affiches et pochettes de LP et fanzines aux titres évocateurs d’un certain nihilisme, The Mother Fucker Magazine, Sniffin’Glue, Suburban Press, Search and Destroy, Slash donnent le ton de l’exposition jusque dans l’expression de la dictature graphique que le groupe Bazooka a tenté d’imposer au sein de la rédaction du quotidien français Libération. Aux cotés des Bazooka, Kiki Picasso, Loulou Picasso, Olivia Télé Clavel, Bernard Vidal, Lulu Larsen et TI5Dur, on peut voir les travaux d’Étienne Robial pour Métal Hurlant ou Starshooters, de Raymond Petitbon pour Black Flag, de Jamie Reid pour les SexPistols, Tanino Liberatore et son monstre Rank Xerox, Penelope Houston, Jello Biafra ou encore Winston Smith…
© Traumfabrik, d’après une photographie de Salvador Costa, 2022
En 1977, paraissait un album intitulé Never Mind The Bollocks – soit à peu près « on s’en bat les couilles » – d’un groupe appelé les Sex Pistols. Tout, du titre au nom du groupe, en passant par les chansons en forme de slogans prônant la destruction et le chaos, était destiné à choquer. « Je suis un anarchiste / je suis un antéchrist », chantait Johnny Rotten dans un de ces manifestes à la rhétorique un peu trop empruntée, un peu trop ostensiblement épate-bourgeois. L’écrivain américain Greil Marcus (dans Lipstick Traces, 1990), compare le punk – « minable, laid, qui ne vaut rien » – à d’autres avant-gardes extrêmes comme le dadaïsme, l’Internationale lettriste ou son prolongement situationniste, aux arguments autrement affûtés, la chose pourrait prêter à sourire. Et pourtant le contenu du disque paraissait explosif, d’une puissance proprement inouïe. Des situationnistes, les Pistols avaient l’intransigeance sans fond, la négativité presque suffocante. Cette façon, littéralement, de « demander l’impossible », comme on disait en 68. Mais le temps n’était plus aux brillantes arguties, et tout ce qu’avait d’apocalyptique la rhétorique « Debordienne » se trouvait accélérée, condensée en quelques slogans (« destroy », « no future », ou encore « je ne sais ce que je veux / mais je sais comment l’obtenir ») aptes à frapper l’imagination du jeune public rock de plus en plus nombreux – ce qu’ils firent au-delà de toute espérance. Car si le rock a toujours été associé, plus ou moins paresseusement, à la « révolte », jamais il n’avait connu un tel embrasement, un degré de contestation aussi profond.
Mais il serait un peu simpliste de réduire tout le punk à un cri inarticulé, ce serait oublier que les Clash et d’autres ont tenté de lui donner un contenu plus « positif ». Mais sans l’angle nihiliste des Sex Pistols, il n’aurait été qu’un mouvement revendicatif de plus. C’est bien eux qui, par la terreur et la confusion des signes qu’ils semèrent, en firent cette chose qui frappa tant les esprits, cette question restée ouverte. Et accessoirement changèrent pour toujours la face du rock.
C’est dans ce contexte qu’apparait un agitateur dilettante du nom de Malcom McLaren. Personnage complexe quant à ses véritables motivations, aussi intelligent qu’opportuniste, McLaren est, avant du moins que les choses ne finissent par lui échapper complétement, l’incontestable cerveau du mouvement punk, qui à bien des égards a commencé comme un coup monté, une subversion savamment orchestrée. Après de vagues études d’art, il s’intéresse de près aux événements de mai 68, et notamment à ces formes nouvelles de communication rapide et péremptoire qui s’y développent – graffitis, slogans, manifestes -, dont il fera un usage immodéré plus tard, quand il managera les Sex Pistols. Avec son ami Jamie Reid, futur concepteur graphique des Sex Pistols, il se retrouve un temps dans l’orbite de King Mob, une organisation fondée par d’anciens membres exclus de la section situationniste anglaise. « Il n’y a pas de limite à notre absence de Loi » pouvait-on lire dans le King Mob Echo, la feuille volante qui leur servait de journal. Ces activistes – emmenés par l’ex-situationniste Christopher Gray – sont imprégnés du phénomène rock, et n’en négligent pas le potentiel subversif. Gray avait eu l’idée dès 1968 de former un groupe « totalement déplaisant » avec lequel ils autoproduisent un 45 tours intitulé Fuck You. McLaren, parce qu’il se trouvait au centre d’une nébuleuse post-situ, est bien la personne qui a opéré la connexion entre situs et punks. Même si, des revues situationnistes qu’il feuilletait avidement au fond de la librairie Compendium Books, il a de son propre aveu retenu l’esthétique plutôt que la théorie. En 1971, McLaren ouvre une boutique sur King’s Road, à Londres, avec sa compagne la styliste Vivienne Westwood. C’est parmi sa jeune clientèle que se retrouvent bientôt les trois futurs instrumentistes des Sex Pistols, Steve Jones, Paul Cook et Glen Matlock. À l’occasion d’un voyage aux USA, pour présenter ses « collections », McLaren est subjugué par les outrageux New York Dolls puis par l’émergence d’une nouvelle scène rock avec les Ramones, Patti Smith et Television – dont un certain Richard Hell le fascine. Avec ses chemises peintes et déchirées, ses cheveux courts et hérissés, sa chanson Blank Generation (« génération vide »), il codifie déjà quelques caractéristiques du punk anglais à venir. Iggy Pop, autre grosse influence, avait déjà chanté l’ennui, le vide, la violence. Le sentiment de vide n’est plus une tare privée qu’il en coûte d’avouer mais un constat froid, objectif, une donnée de l’époque apparemment bien partagée. McLaren a observé, écouté et revient à Londres avec quelques idées. Un peu plus tard, les Sex Pistols enregistreront Pretty Vacant (« On est joliment vides / et on s’en branle »), avec le nihilisme arrogant de rigueur, « débarrassé de culpabilité » selon les propres mots de Rotten. Johnny Rotten qui a intégré les Pistols, sur la foi du potentiel d’hostilité qu’il dégage plus que pour ses talents de chanteur.
C’est dans cette rencontre que nait le punk. Entre des velléités révolutionnaires et un véhicule aussi populaire et puissant que le rock, avec toute l’inflation médiatico-mythologique qu’il draine, l’image fut souvent au moins aussi importante que le message – quand elle ne le résumait pas en tout et pour tout. Les Clash avaient beau être la conscience politique du mouvement avec leur réalisme social, ils ne pouvaient pas rivaliser en termes d’impact avec toute la charge d’irrationnel qu’on percevait par ailleurs, par images interposées. L’image par exemple de Johnny Rotten, incontestable emblème du mouvement, « le seul chanteur vraiment terrifiant que le rock ait connu » (Greil Marcus). Cheveux hérissés teints en orange, pulls déchirés et grossièrement rapiécés par des épingles à nourrice, crucifix en guise de boucle d’oreille, chemises peintes à la main et portant le slogan « Destroy« , pantalons de cuir, et par-dessus tout ce visage de poupon dégénéré et maniaque qui le faisait parfois ressembler à un malade mental. Bref un charisme venu d’ailleurs, jamais vu auparavant. Sa seule dégaine était une agression, un point d’interrogation.
programmation
du 1er au 31 décembre
// plongée dans la musique punk
BAG, en partenariat avec le Pourquoi Pas ? café culturel, vous propose de plonger dans l’univers du punk rock des années 76-84 avec une playlist réalisée par Andres Alvarez.
Votre casque individuel aux oreilles, à vous la dégustation de gourmandises BAG ou encore la découverte de l’exposition rythmée au son des musiques punks !
__aux heures d’ouverture de la boulangerie et galerie
samedi 10 décembre
// rencontre avec des acteur.rice.s du punk
// quizz punk en live par Luc Robène
// Ghost Tapes Fanzino Cassettes Set – 1976-84 – par Andres Alvarez
NOW FUTURE
BAG, en partenariat avec Bordophonia, vous offre une soirée à la rencontre des acteur.rice.s du mouvement punk : Gianfranco Catania, Guillaume Fédou, Luc Robène et Solveig Serre.
__18h30-21h30
__entrée libre
Brian Eno, Small Craft, 2016 © Brian Eno
jeudi 15 / vendredi 16 / samedi 17 décembre
// installation sonore immersive
GO FUTURE 2022
BAG, en partenariat avec les étudiants de 3e année de la filière son Creative Producers de l’Ecole 3iS Bordeaux, propose GO future 2022, une installation sonore immersive, inspirée des sculptures sonores de Brian Eno et d’oeuvres graphiques emblématiques des années 1976-80.
Ce projet étudiant renvoie aux échos lointains des créations punks ambiantes dans un contexte numérique. De courtes propositions sonores : des performances improvisées, feront irruption dans l’espace pendant des périodes de 5 à 15 minutes en contrepoint à l’ambiance évolutive de l’installation. L’enjeu est de modéliser leurs résonances digitales dans un processus de détérioration et d’accumulation spatio-temporelle. Concrètement elle met en valeur de manière aléatoire, des sources sonores ambiantes de la ville de Bordeaux se mélangeant avec des échantillons de musique. Cette installation pose question et met en parallèle tout en mettant en opposition deux visions du « No future » ! Une, qui s’apparente au départ à une attaque contre la société morale née avec la crise des années 70 et qui a généré une vision plus pessimiste et nihiliste de l’idéologie punk.et le « No Future » qu’on est en train d’offrir aux générations avec la crise climatique et une remise en question de notre système global. Cette installation est en réalité une position de rébellion contre la négativité à laquelle ils doivent faire face aujourd’hui.
Cette installation éphémère a été réalisée par les étudiants de 3e année de la filière son Creative Producers de l’Ecole 3iS Bordeaux .
__de 11h à 19h
__entrée libre
vendredi 16 décembre
// rencontre avec Florent Mazzoleni suivie d’un concert inédit GO FUTURE 2022
Florent Mazzoleni, auteur, photographe et journaliste, spécialiste des musiques populaires occidentales et des musiques africaines, vous entraîne à la découverte de l’oeuvre de Brian Eno. L’occasion de (re)découvrir l’installation sonore immersive inspirée des sculptures sonores de Brian Eno.
__19h
jeudi 22 décembre
projection – rencontre – DJ set
MERRY FUCKING CHRISTMAS !*
* Joyeux Putain de Noël !
Ramones et BAG vous invitent à célébrer Noël.
Au programme :
// projection du documentaire Todos Somos Ramones d’Andres Alvarez et Luc Magnant – 1h40 (2011)
// rencontre avec les réalisateurs
// Ghost Tapes Fanzino Cassettes Set – 1976-84 – par Andres Alvarez
// vin chaud, bières et bûches de Noël
__18h30-22h
__entrée 10€ avec un verre de vin chaud offert et peut-être la chance de gagner un lot punk surprise
__places limitées
__sur réservation : je clique ici pour réserver
cadeaux de noël punks
Traumfabrik a réalisé en édition limitée 3 affiches et un catalogue d’exposition inédit punk.
Traumfabrik
sans titre
2022
impression sur papier 350g
d’après la photographie de Salvador Costa
20 ex. – édition limité
format A3
10 €
Traumfabrik
sans titre
2022
impression sur papier 350g
d’après la photographie de Salvador Costa
20 ex. – édition limité
format A3
10 €
Traumfabrik
affiche de l’exposition 1977 No future
2022
d’après la photographie de Salvador Costa
50 ex. – édition limité
format A3
édition Ré/Génération Graphic Nation
10 €
Traumfabrik
catalogue d’exposition 1977 No future
2022
copie de couvertures de fanzines des années 1976-80
25 ex. signés et uniques – édition limité
format A4
15 €
Pierre Grandclaude, 13.12, 2021
VIVEMENT LUNDI //
23.09___19.11.2022
__Nicolas DAUBANES
__Malachi FARRELL
__Pierre GRANDCLAUDE
__Erwan KERUZORÉ
__Guillaume LO MONACO
__Cyrielle TASSIN
Commissariat : Erwan Keruzoré et Christian Pallatier
100 secondes avant la fin du monde. Depuis le 23 janvier 2020, l’Horloge de l’apocalypse (Doomsday clock) affiche minuit moins 100 secondes (23 h 58 min 20 s) en raison de l’« incapacité des dirigeants mondiaux à faire face aux menaces imminentes d’une guerre nucléaire et du changement climatique ».
Éclairage sur des situations économiques, sociales et politiques tendues, Vivement lundi mêle des œuvres très diverses et toutes engagées, dessin, sculpture, installation, qui donnent le ton d’une rentrée sociale dont on pressent toute la dureté. Sur les deux étages de la galerie et, pour la première fois dans la boulangerie, les six artistes invités esquissent un constat tragique du siècle naissant, portant “tous ensemble“ un regard aiguisé sur l’agitation et la contestation qui agitent la pensée contemporaine et révolutionnaire.
Faisant face à l’œuvre monumentale de Lawrence Weiner (Farine & Eau + – Sel & Sucre, 1993) déposée chez BAG par le macLYON, les visiteurs trouvent les dessins sur masques anti-covid de Malachi Farrell et, en vitrine, les pistolets en chocolat dorés à la feuille réalisés par Cyrielle Tassin. Côté galerie, on découvre d’autres œuvres produites spécifiquement pour l’exposition comme les machines de The Shops Are Closed (Malachi Farrell) également visibles au CAPC, le “dessin“ mural réalisé en menottes plastique de police (Guillaume Lo Monaco). La Révolution des Gueux d’Erwan Keruzoré donne le ton de la revendication, appuyée par les briques de Ergonomie de la Révolte de Nicolas Daubanes, les boucliers anti-émeute de Guillaume Lo Monaco, les grandes grilles au stylo bille de Pierre Grandclaude…. Vivement lundi !
Une exposition collective en deux parties que l’on retrouvera à l’automne 2023 autour d’autres sujets de société essentiels : la crise écologique, les questions de genre et d’identité…
L’exposition est visible du mardi au samedi, de 11h à 19h, et sur rendez-vous.
28.06.2022
Rendez-vous le mardi 28 juin chez BAG à 18h30 pour le premier Aperitivo de notre nouveau cycle Notre avenir est dans l’air. Embarquez pour une conférence animée par Christian Pallatier, tout en profitant d’un verre de vin et d’une dégustation de pain BAG 100% sans gluten, de fromage et de charcuterie.
Le dernier jour du monde (à votre avis, on s’enverra encore en l’air ?)
Réchauffement climatique, fin des ressources, surpopulation… Catastrophe(s) : quand l’art s’éclate !
L’état des lieux est cataclysmique : manque d’eau, de nourriture, de pétrole… et même fin possible de l’humanité. Un schéma relayé par les médias et les œuvres, justifié par l’histoire récente, illustré sur un schéma dépressif. Le monde de l’art montre un pessimisme parallèle aux scientifiques de la planète qui nous prédisent l’apocalypse. Pourtant, explique Cyril Dion dans Demain Le film, que « Les gens ne veulent plus qu’on leur dise que les choses vont mal. Tout va déjà trop mal ».
Susan Sontag dans La Photographie écrit quant à elle que « ces dernières décennies, la photographie engagée a au moins fait autant pour aiguiser la conscience que pour l’émousser ». Elle ajoute que « voir les photos de la souffrance ne renforce pas forcément la conscience ni la capacité de compassion. Cela peut aussi les corrompre. Les images paralysent. Les images anesthésient… ». Un point de saturation est atteint et il semblerait qu’il faille modifier l’angle du regard du plus grand nombre, qui « a appris à ne plus s’en faire et à aimer la bombe ! » comme le disait avec humour Peter Sellers dans Docteur Folamour !
Du coup, on s’éclate, on fait la fête pour mieux s’absenter ! On s’égare dans des paradis artificiels, on jouit de tout, partout ; on mange, on aime, on prie… On s’oublie en tentant de se retrouver soi-même et les autres, en quête de l’éternelle jeunesse – de l’LICN de Tristan Garcia). On régresse sagement devant les écrans qui se multiplient plus vite que les pains ! La télé-réalité devient l’ami de chacun et le jardinage, la cuisine et la décoration, nous occupe entièrement. Franchement l’art devrait être plus gai ! On finit même parfois par préférer aller voir un film d’amour ou une comédie… Panem et circenses, du pain et des jeux.
Cette première conférence dresse un bilan rapide des horreurs du monde, « l’artiste le dissèque, le décrypte, l’analyse et offre au passage des alternatives, souvent critiques, qui permettent de penser le réel » écrit Claire Moulène. Nous ne sommes pas des optimistes naïfs ! Une fois cela dit, nous avancerons…
C’est le lancement d’un nouveau cycle de conférences !
NOTRE AVENIR EST DANS L’AIR
L’Art du 21e siècle
Demain le film a été un déclic. Il a provoqué l’envie de poursuivre le travail des réalisateurs, Cyril Dion et Mélanie Laurent, et de chercher dans notre domaine, l’art contemporain, les solutions mises en œuvre par les artistes pour changer le cours des choses, imaginer et/ou construire un monde nouveau.
Chacun comprend les crises écologique, sociale et économique que nous traversons. Certains semblent désabusés et regardent l’avenir avec inquiétude ; d’autres provoquent les choses. « J’ai envie de montrer à la génération suivante qu’il est possible de sortir par le haut du 20e siècle, de ne pas céder à des formes de déséquilibres intellectuelles ou de se livrer complètement au monde contemporain, comme si l’époque avait nécessairement raison » déclarait récemment l’écrivain Tristan Garcia.
Les artistes participent activement de ces réflexions et dressent un constat souvent critique des dysfonctionnements du monde. Picasso a peint Notre avenir est dans l’air en 1912, à peine deux ans avant le déclenchement du premier conflit mondial. Fracturé à la manière cubiste, on y voit une pipe, le journal Le Matin et… un drapeau tricolore.
Pas question pour les artistes de rester à la marge des grands débats qui agitent la société : la démocratie, l’économie, l’écologie, l’éducation…
Mais si beaucoup d’œuvres montrent ce que l’être humain fait de pire, pour ces 8 prochains Aperitivos, nous avons décidé de montrer ce que l’être humain fait de mieux. Nous aborderons ces questions essentielles sans être candide ou développer un optimisme esthétique béat. Nous suivrons, pas à pas, ceux qui s’engagent, portent des messages de changement, de transition, offrent des visions positives et optimistes de l’avenir.
Cela nous entraînera sur de nouvelles pistes : est-il de la responsabilité de l’art d’innover et d’en- visager d’autres futurs ? Les artistes peuvent-ils changer le monde ? Quelles sont les formes, les effets et les conséquences de leur engagement ? Et nous spectateurs, quelle place nous reste-t-il pour agir ? Alors les artistes, à quoi ressemblera le monde de demain ?
Christian Pallatier
* Interview de Tristan Garcia à l’occasion de la sortie de son roman Sept (Prix du Livre Inter 2016)
INFORMATIONS PRATIQUES :
Début : 18h30
Entrée réservation billetterie : https://www.helloasso.com/
CONTACT :
Christian Pallatier
+336 12 08 59 54
Laurent Perbos, Diamonds Fly Away, 2018
Laurent Perbos //
EXPOSITION « Babylon by Birds » // 13.05___10.07.2022 – PROLONGÉE jusqu’au 10.09.2022
13.05.2022___ à partir de 17h30 // Vernissage événement de l’exposition Babylon by Birds en présence de l’artiste
________________________18h00 // WARM-UP
________________________19h00 // Concert de Fya Nya // Découvrir sur Spotify
_______________________20h30 // Set de DJ JEWELL JEFFREY // Découvrir sur Soundcloud
« In 2096, when the former third world has overrun and colonised the former superpowers, Bob Marley will be commemorated as a saint. »
John Parales, New York Times, 1996
Babylon by bus est le titre du sixième album de Robert Nesta Marley, dit Bob Marley, décédé le 11 mai 1981 à 36 ans. Enregistré en 1978 à Paris et lors des concerts européens du Kaya Tour, ce double album est hypnotique et énergétique, inclusif et contestataire, agressif et groove… tout simplement la perfection. Sur la Face A, on trouve Exodus, Positive vibration, sur la B, Stir it up, Concrete Jungle, sur la C, Lively up yourself, War/No more trouble, sur la D, Is this love et Jamming ! Ces morceaux illustrent encore avec pertinence le “Zeitgeist“, “l’air du temps troublé“ que nous vivons, ainsi que les propositions de Laurent Perbos pour cette double exposition Babylon by Birds à la Bakery Art Gallery à Bordeaux et RE-PLAY !!! sur le campus de Kedge Business School à Talence où sont installées – après Paris et avant Marseille -, une douzaine d’oeuvres, dont cinq monumentales (11 mai au 15 juillet).
En 1977, peu avant le concert du Pavillon Baltard, l’exposition Pictures à New York marque la naissance d’une tendance restée dans l’Histoire de l’art sous le nom de “Critique de la représentation“. Marquant “l’échec“ de l’art conceptuel, les “simulationnistes“ recyclent des oeuvres déjà connues et pratiquent la copie de copie (Sherrie Levine, Robert Longo, Cindy Sherman, Richard Prince) ; les “appropriationnistes“, plus proches de l’esthétique pop art, choisissent de recycler les objets du quotidien (Haim Steinbach, Jeff Koons). Les années 70 inaugurent le système des allusions où « l’usage de la référence, si important dans l’art actuel, offre aux artistes un dispositif efficace pour observer la culture visuelle et interroger son rôle dans la production du sens et de l’idéologie » – écrit Marie-Josée Jean en 2005 pour l’exposition éponyme à VOX centre de l’image contemporaine (Montréal, Ca.).
« Si ce sont les plumes qui font le plumage, ce n’est pas la colle qui fait le collage. »
Max Ernst, Cahier d’art, 1937
Laurent Perbos, Babylone#3, 2017
Laurent Perbos, Au delà…, 2019
Laurent Perbos enfant de la Pictures Generation //
Pour Perbos, le décalage du quotidien et l’art de la citation soulignent l’avènement du copier-coller, du re-play, du rattrapage. L’artiste réalise ses dessins au papier carbone d’après Kandinsky ou Matisse, utilise des copies d’antiques et des animaux naturalisés (Diamonds fly away). Ses oeuvres questionnent les notions d’auteur, d’originalité et d’authenticité sans cesser jamais d’organiser le brouillage (Jamming) des repères. Avec une tournure d’esprit implicitement surréaliste, Perbos organise des aventures d’oiseaux, comme avant lui Max Ernst avec Loplop, Supérieur des oiseaux ou La femme 100 têtes.
L’histoire d’Amytis de Médie qui sert de fil conducteur à l’oeuvre Babylone#3, commente la crise écologique et renvoie le spectateur à la double nécessité d’agir pour l’environnement… et par amour. Comme Nabuchodonosor II, ne devrions-nous pas planter un million d’arbres et permettre aux oiseaux de ré-enchanter nos déserts de béton (Concrete Jungle), tout en rendant le sourire à celles et ceux que nous aimons (Is this Love) ? Un sourire léger retrouvé devant les petits taxidermisés si amusants, mais… Annette Messager dans Mes pensionnaires (1972) volait aussi entre rêve et cauchemar, enfance, vie, mort, angoisse et questions existentielles.
De larmes et de lumières //
Les cages électriques suspendues d’Au-delà recèlent une tristesse poétique et publicitaire, libérant la couleur tout en l’emprisonnant (Exodus). L’espace irradie dangereusement. Pour parler de l’homme et de l’humain, Perbos préfère la métaphore animale et silencieuse. L’autorité que s’arroge les artistes demeure trop souvent incontestée et lui préfère ne pas courir le risque de réduire son discours à la rhétorique du ready-made ou à un système d’essences universelles. En 1964, Joseph Beuys évoquait l’absence d’engagement lisible de Marcel Duchamp. Appropriateur, simulateur, le silence de Laurent Perbos est-il surestimé ?
« L’humanisme occidental, à ses propres yeux, est l’amour de l’humanité, mais pour les autres, ce n’est que la coutume et l’institution d’un groupe d’hommes, leur mot de passe et quelquefois leur cri de guerre. »
Merleau-Ponty, 1947
EXPOSITION « RE-PLAY !!! » // 11.05___15.07.2022
10.05.2022___ à partir de 19h30 // Vernissage de l’exposition RE-PLAY !!! // Campus Kedge Business School Bordeaux
Vernissage de l’exposition RE-PLAY !!! sur le campus Kedge Business School de Bordeaux. Cocktail et rencontre avec l’artiste Laurent Perbos et Christian Pallatier, historien d’art et directeur de BAG_Bakery Art Gallery.
Un grand merci à Anna Maisonneuve du journal Sud Ouest
MAISONNEUVE Anna, Les courts-circuitages poétiques de Laurent Perbos, Journal sud ouest, mercredi 18 mai 2022