SYNAPSES, 2024, Peintures sur toile, 30 x 40 cm

Artiste plasticienne, Barbara Schroeder tisse depuis plusieurs années une œuvre où se rencontrent sculpture, peinture et installation, avec pour fil conducteur une attention profonde aux liens entre nature et culture. Entre l’Homme et la Terre. Elle s’attache aux sols, aux racines et aux pratiques agricoles, comme autant de territoires où se révèlent la fragilité de nos équilibres et la force de la vie souterraine.

Ses œuvres racinaires dialoguent avec la mémoire du vivant, de la paysannerie : elles font surgir des réseaux, des entrelacs et des formes organiques qui évoquent autant la croissance végétale que les circulations invisibles de l’énergie.

Barbara Schroeder travaille à partir de matériaux modestes, bruts, organiques, porcelaine, lichen, bouse de vache qu’elle façonne, détourne ou sublime. Ces choix ne relèvent pas d’un simple geste esthétique, mais d’une réflexion profonde sur nos rapports à l’alimentation, au cycle des saisons et aux gestes agricoles qui conditionnent notre avenir commun.

À travers ses peintures et ses sculptures, l’artiste explore la métamorphose de la matière, passant du périssable au pérenne, du fragile au monumental – comme les œuvres à venir pour le Voyage à Nantes en 2026. Ses installations font entrer le spectateur dans un univers où se mêlent mémoire des sols, empreintes humaines et résonances poétiques.

Pour ce premier solo show à la Bakery Art Gallery, Barbara Schroeder propose une exposition intitulée Au centre de leurs ombres. En écho à son installation Les paysannes au Château Brane-Cantenac jusqu’au printemps prochain, une trentaine d’œuvres proposent ici un parcours sensible et engagé, qui fait dialoguer les formes et les textures de la terre et l’éclat des matières transformées. Barbara Schroeder nous invite à repenser notre ancrage et notre lien au vivant, en profondeur. 


Barbara Schroeder est née à Clèves en Allemagne. En 1984, elle s’installe en Gironde où elle étudie à l’Université avant de rejoindre l’Ecole d’Enseignement Supérieur d’Art avec une spécialisation en gravure. Sa pratique est pluridisciplinaire : gravure, peinture, sculpture, installation, performance, céramique et porcelaine. Tous ces matériaux sont une multiplicité de chemins pour explorer, et exposer à l’international, le lien entre l’Homme et la nature, emportant avec elle la voix de toutes les personnes qui travaillent et cultivent ‘le vivant’. Chevalier des Arts et des Lettres, elle est membre de Documents d’Artistes Nouvelle-Aquitaine et bénéficie du soutien des Porcelaines de La Fabrique. Lauréate du Prix Art & Nature 2024 de la Fondation Ulrich Rampp, elle avait auparavant obtenu une bourse de production du Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA en 2020, suivie de l’AIC de la DRAC Nouvelle-Aquitaine en 2021.

ACTUALITÉS

15 janvier – 15 mars 2026 : Résidence artistique en Afrique du Sud avec SAFCA

Mars – avril 2026 : Exposition personnelle suite à une résidence artistique « Viscos, une anthropographie de la montagne », 

Hang-Art, Esquièze-Sère → Vernissage le 24 mars 2026


Été 2026 : Installation artistique dans le cadre du Voyage à Nantes 2026, Jardin Extraordinaire, Nantes → Inauguration le 4 juillet

Baptiste est né en 1952 sur les rivages de la Garonne. Depuis sa plus jeune enfance, il sillonne les bords et les
îles de la Méditerranée, celles des Caraïbes et des Antipodes.
« Peut-être une nuit ai-je rêvé être Ulysse ? Sans doute une autre nuit j’ai rêvé mettre mes pas dans les siens.
Et puis un jour j’ai approché ce rêve de si près qu’il m’en laisse quotidiennement la trace ».

Faire des ronds dans l’eau, sérégraphie, tirage limité à 10 ex – 100 x 70 cm : 2015

Les « pèlerinages » de Baptiste consistent à se rendre sur des lieux mythiques pour en prélever des
traces et répondent à une intuition profonde : l’humanité transmet parce qu’elle oublie, et l’art sert à retrouver la chose perdue.


Baptiste est un artiste voyageur, il prélève limons, terres, eaux, sédiments, fragments de lieux qu’il
intègre à ses œuvres. Sa production comprend peintures, gravures, installations et vidéos, toutes
traversées par un même geste : rapporter à l’atelier une part réelle du paysage. Ses œuvres deviennent ainsi des surfaces sédimentées, où se rencontrent le mouvement du monde, la mémoire des migrations et la fragilité des êtres.


Pour lui, l’art n’est pas abstraction, mais incarnation. La métaphore n’est plus un procédé littéraire, mais se convertit comme acte littéral : transporter une matière, déplacer un fragment de terre. Ici, ce geste dialogue avec le travail conceptuel de Lawrence Weiner (Farine & Eau, 1993, dépôt du MacLYON) qui lui fait face , affirmant la primauté de la matière sur l’idée.


Au centre de son travail se trouve la Méditerranée : Les 7 Merveilles du Monde, L’Iliade et l’Odyssée… Baptiste en recueille les mémoires : mer-faste du commerce antique, mer-idyllique des récits, mais aussi mer tragique, devenue aujourd’hui cimetière des exils. La mer enfin, transparente mais où bien caché, se trouve le sel : mémoire, histoire, survie, dont l’artiste révèle le dépôt invisible.

« Deux statues, un temple, un jardin, deux tombeaux et un phare.
Six de ces merveilles ont aujourd’hui disparu, certaines détruites
par la nature, d’autres par la main de l’homme.
Leurs traces demeurent pourtant bien présentes dans notre monde contemporain.
Le nombre des huitièmes merveilles peut en témoigner.
Les traces plus ou moins apparentes que nous en gardons sont le signe
de notre humanité, le lien que tissent les hommes vers d’autres hommes
dans l’espoir de relier à la chose perdue.
Ne peut-on transmettre que ce que l’on a oublié ou détruit ? »

Baptiste

Sana, East Village, New York, 2019, Format 30×45 numéro 4/30 © Julian Besson [en vente à la galerie]

Julian Besson (1975) est un photographe français basé à Paris et Bordeaux qui nourrit son travail lors de séjours réguliers à New-York. Inspiré par l’esthétique “old school” des années 80 – clips de MTV, hip-hop et cinéma de Spike Lee – il capture l’énergie de la ville, entre héritage et modernité. Spécialiste de la photo urbaine et du portrait en noir et blanc, il saisit le passé dans le présent, traquant dans chaque image les traces persistantes d’une époque révolue, toujours en résonance avec son histoire.

Pour cette première exposition à la Bakery Art Gallery, le street photographe français Julian Besson propose une balade “old school » à New-York :

« Entre 2015 et 2023, j’ai vagabondé des heures dans les rues de la ville, de Harlem à Brooklyn, à la recherche de ceux qui font perdurer l’héritage et l’effervescence des années passées. Je suis parti sur les traces des images de Bruce Davidson, Helen Levitt, Evelyn Hofer, Jamel Shabazz et de tant d’autres célèbres photographes new-yorkais.

D’ailleurs, le choix de photographier principalement en noir et blanc participe au caractère intemporel de mon travail. Mes photographies ne sont presque pas ancrées dans notre époque.

J’ai photographié des histoires de vie, des portraits de toutes les générations au hasard des rues avec des modèles anonymes ou professionnels : artistes de rue, danseurs dans le métro, fashion models, communauté afro, skateurs de Tompkins Square Park, autant de profils qui représentent la diversité culturelle de New-York.

J’ai passé beaucoup de temps dans le Lower East Side et l’East Village avec les Teenagers qui traînent dans les rues. Je me sens proche d’eux et de leur soif de liberté.  

J’aime capturer la vie, raconter  ce que je perçois de la personnalité de chacun. On s’offre mutuellement complicité et intimité. L’instant photographique est toujours un moment privilégié ».

  

Julian Besson

Julian Besson expose son travail depuis trois ans à la galerie La Belle Étoile en Off pendant Les Rencontres de la photographie d’Arles

Expositions (précédentes et en cours) : 

Galerie Joseph, exposition collective, Paris 2019

-Exposition IRK galerie, Arles, Juillet 2021

-Exposition galerie La Belle Étoile, de 2021 à 2025

Publications : 

IRK Magazine, 2019 (France)

Fisheye Magazine – coup de coeur (France)

Fallinepress, 2019 (USA)

C-Heads Mag, 2017 et 2018 (Berlin)

Aserica Mag, 2017 à 2020 (Hong Kong)

Cake Mag, 2024 (Californie)

French Fries Mag, 2024 (Italie)

Everybodystreet Mag, 2024 (USA)

L’Oeil de la Photographie, 2025 (France)

ENSEMBLES, Série de 6 multiples uniques • 60 × 40 cm, 2019, François Mangeol

LA BOÎTE NOIRE

04.09___11.10.2025 

Une exposition, un catalogue en forme d’énigme

«L’art de François Mangeol (1984) est empreint de références historiques, artistiques, littéraires mais aussi personnelles. L’entrelacs proposé par l’artiste est une invitation à la pérégrination mentale et intellectuelle.

Les œuvres de François Mangeol sont autant d’indices à saisir, jalonnant l’itinéraire que vous êtes libre de tracer. Une production qui se révèle dans les éclats d’une pratique dont l’implacable logique en constitue le fil rouge.»

                                                                                                       Émilie Robert, historienne de l’art

Il est tentant de considérer La Boîte noire comme une rétrospective en creux : un objet qui condense vingt années de pratique tout en refusant la linéarité, la clôture, ou le commentaire surplombant. Fidèle à son vocabulaire plastique – formes textuelles, protocoles visuels, dispositifs de lecture – il orchestre une mise en tension entre l’archive et l’interprétation. 

Mangeol construit une œuvre à la fois discrète et radicale. Cette troisième exposition personnelle à la galerie BAG accompagnée d’un catalogue, La Boîte noire, en est la synthèse troublante. Loin du format classique, ce projet prend la forme d’un espace-objet à plusieurs entrées, conçu comme une énigme. À l’image de la définition technique d’une boîte noire – dispositif d’enregistrement des données d’un vol – le livre rassemble, sans ordre apparent, des pièces, des pensées, des signes. Leur lecture est ouverte, parfois opaque, toujours active.

La référence explicite à la “boîte noire”, cette mémoire technique qui ne révèle ses données qu’en cas d’accident, n’est pas fortuite. Elle indique une double posture : l’œuvre comme trace d’un processus invisible, et le regardeur comme enquêteur, contraint à reconstruire un récit à partir d’indices partiels. À ce titre, l’exposition et le catalogue fonctionnent moins comme une somme que comme un terrain de jeu critique où le langage est en suspension. 

Ce qui traverse l’œuvre de François Mangeol depuis ses débuts, c’est une obsession du cadre et du déplacement. Le langage y est toujours en excès ou en défaut : trop lisible, trop abstrait, trop présent. Il trouble. En cela, l’artiste s’inscrit dans une lignée qui va de la poésie concrète à l’anti-design, en passant par l’art conceptuel ou la sémiotique visuelle

Mais il ne s’y laisse jamais enfermer. Sa singularité tient à une rigueur formelle doublée d’un sens aigu de l’ambiguïté : là où l’on attend du sens, il laisse place à la distance ; là où l’on cherche du récit, il répond par des structures muettes : boîte noire versus white cube, la galerie en développement, version améliorée.

Mangeol interroge : que reste-t-il de l’expérience esthétique lorsqu’elle est archivée, imprimée, traduite en langage ? Peut-on capter l’esprit d’une œuvre sans chercher à la résoudre ? La Boîte noire est autant un recueil qu’un piège à interprétation, où l’artiste poursuit sa réflexion sur la fragilité du sens, et la puissance du silence. 

La Boîte noire n’est pas seulement une exposition à visiter, un livre à lire. C’est une œuvre à activer. Une partition mentale. 

Un piège pour l’œil.

Christian Pallatier

[Bibliographie] (depuis 2020) : 

-MCCXXXIV, 2024

-\sã\, 2023

-Le combientième, 2023

-A la recherche du bonheur, 2022

-Vivre, 2022

-36 réponses intelligentes, 2021

-Shhh, 2021

-Souffler, 2021

-Respirer, 2020

-55 jours, 2020

[Expositions personnelles] (plus récentes) : 

_2024 – “YOLO” Lothaire Temple, Bordeaux – France 

_2023 – “Anthropocene” Bakery Art Gallery BAG, Bordeaux – France 

  2023 – “NO(S) LIMIT(ES)” KAS-KBS, Paris + Nakery Art Gallery BAG, Bordeaux – France 

_2022 – “Les enfants perdus” Bakery Art Gallery BAG, Bordeaux – France 

[Expositions collectives] (sélection – plus récentes) : 

_2025 – “Nouvelles saisons, autoportraits d’un territoire” Arc en rêve, Bordeaux – France

_2024 – “Sculptures from the collection since 1892”, Kaiser Wilhelm Museum – Allemagne 

  2024 – “World Art Dubai” – Emirats arabes unis 

  2024 – “Hommage à Vera Molnár”, Bakery Art Gallery BAG, Bordeaux – France 

_2023 – “De leur temps – ADIAF”, FRAC GRAND LARGE – France 

_2020 – “Just a Matter of Time” ARCO, Madrid – Espagne 

VINCENT CRUEGE

Mojave / Electric Moons du 10 juillet au 23 août 2025

Vernissage le jeudi 10 juillet 2025 de 18h à 21h  

Pour cette première exposition à la Bakery Art Gallery, Vincent Cruège, figure bien connue du monde viticole, présente une grande peinture murale, deux séries de toiles “californiennes”, et ses Pebbles (Galets).

L’arrivée d’un œnologue dans le champ de la peinture peut susciter des réactions : est-ce un caprice tardif ? Un loisir contemplatif ? Une tentative de reconversion esthétisante ? Ces questions sont légitimes, parce qu’elles touchent à quelque chose de sensible : la frontière entre amateur et artiste, entre le faire pour soi et le faire pour être vu.

Mais dans le cas de Vincent Cruège, cette dichotomie ne tient pas. Il n’est pas devenu artiste par accident ou par distraction. Il a toujours créé – non pas sur toile, mais avec des matières vivantes, des climats, des sols, des temps longs. L’élaboration d’un grand vin, comme celle d’une œuvre picturale, demande du tact, de l’intuition, de la rigueur – et surtout une forme de présence au monde. 

La peinture n’est pas pour lui un second métier, mais un autre langage pour dire la même chose : la vibration d’un lieu, le poids d’une lumière, le rythme d’un espace. Et s’il y a dans ses œuvres une apparente simplicité c’est précisément parce qu’elles ne cherchent pas à “prouver” quelque chose. Elles ne demandent pas qu’on les comprenne, mais qu’on les perçoive. 

On pense à la peinture aborigène et à Robert Delaunay, à Frank Stella et à Ugo Rondinone qui tous partagent une certaine économie de moyens, une densité silencieuse, une spatialité sensible. Mais ces filiations se dissipent vite. Car, pour Vincent Cruège, sa peinture semble venir d’un lieu profond où le geste précède l’idée.

Alors non, Vincent Cruège n’est pas un artiste tardif. Depuis plus de trente ans, il compose des vins avec un sens rare de la vibration, de l’accord et de la tension juste. Aujourd’hui, ce geste trouve une nouvelle surface, un autre outil, mais garde la même sincérité. Loin de tout artifice ou d’intellectualisme, sa peinture s’offre comme un prolongement naturel du corps.

Ni “reconversion”, ni rupture : son œuvre est une continuité, une fidélité et une autre manière de célébrer la sensibilité et la lumière californienne.

Louis Espugne-Darses & Christian Pallatier

 

Vincent Cruège est un artiste français né en 1965 à Bordeaux.

Après une carrière de trente-quatre ans dans le domaine de l’œnologie, il se consacre à la peinture. Sa démarche s’ancre dans une fusion d’influences culturelles variées, nourrie à la fois par la nature et les environnements urbains, allant des paysages désertiques de la Death Valley californienne aux lampadaires de Los Angeles.

C’est à la suite d’un séjour de vendanges en Océanie qu’il ressent le besoin de créer. A travers ses œuvres, Vincent Cruège interroge la place de l’être humain dans son environnement et explore son rapport à la nature. Installé aujourd’hui en plein cœur de Bordeaux, son atelier constitue un espace de réflexion et de création, où il peut désormais se consacrer entièrement à sa pratique artistique.

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Entretien 

Christian Pallatier : Bonjour Vincent Cruège, tu es né à Bordeaux et as grandi dans les vignes, comment cette région et son terroir t’ont façonné ?

Vincent Cruège : Ma famille a toujours été très impliquée dans la gastronomie et les métiers de bouche, avec de nombreux chefs d’établissements réputés. Je n’ai pas un parcours à proprement parler viticole, mais ma mère fut une des premières femmes diplômées du titre d’œnologue. J’ai pu être au contact très tôt avec les techniciens du vin qui ont affirmé la maîtrise et la science du vin de l’école bordelaise.

Je suis biochimiste de formation, ce qui m’est utile dans la connaissance des constituants du vin et dans la manière de les orchestrer. 

C.P : Tu es reconnu comme œnologue et tu es aujourd’hui devenu peintre. Ce passage relève-t-il d’une rupture ou s’inscrit-il dans la continuité de ton parcours?

V.C : Tout à fait dans la continuité. Comme pour produire un vin, il faut avoir une vision anticipée de l’objet de la création, et mettre en œuvre des assemblages, soit de cépages ou de lots de vins de parcelles différentes, soit des jeux de couleur ou de structures. Ni le vin ni la peinture ne coulent de source ! (rires) Je sais combien l’apprentissage de l’œnologie est long – et jamais achevé. Je n’aurai pas assez de cette vie-là pour comprendre la peinture.

C.P : Y a-t-il des gestes ou une sensibilité que tu retrouves d’un monde à l’autre ?

V.C : Je crois à la complexité dans la simplicité, qui se fond et devient l’harmonie. Comme dans le vin, il faut une multitude de constituants, qui amène de la profondeur et de la densité, sans qu’aucun de ses constituants ne domine l’autre et devienne perceptible. La peinture comme le vin ne poursuivent pas un but. Elle prennent leur sens dans le processus créatif. 

C.P : Ta peinture semble très libre, mais aussi extrêmement construite. Comment travailles-tu la composition ? Par intuition ? Par sensation ? 

V.C : Les deux mais aussi par besoin de faire, de créer, par des fourmillements d’envie et de plaisir au bout des doigts. Je ne suis jamais aussi bien qu’avec une paire de bottes aux pieds dans les vignes ou un verre à la main dans une dégustation pour parler du vin. Je ressens la même intensité dans l’atelier, la même nécessité avec la peinture.

C.P : Aujourd’hui que tes œuvres sont exposées à la galerie, que voudrais-tu qu’elles transmettent au public ?

V.C : Le plaisir et l’apaisement intérieur, les instants de contemplation libre, le bien-être, la joie, que j’ai ressenti en réalisant ces tableaux. La réalisation de la grande peinture murale dans la galerie avec l’aide d’Antoine Pacheco, artiste récemment diplômé des Beaux-Arts de Bordeaux, participe à cette volonté de partager avec le public la construction d’un espace pictural personnel, au-delà du décoratif.

Deux visites privées accompagnées par l’artiste de l’exposition Trafic // Sous leur ombre

Samedi 28 juin à 14h et à 16h

Une constante dans mon travail consiste à mettre en relation nature et culture, écologie et histoire de l’art. Parce que je cherche à responsabiliser mes contemporains sur leur rapport au monde devenu dangereux, mais aussi parce que j’associe différents domaines de la culture pour les faire fonctionner ensemble, à la façon d’un écosystème.

Comme en permaculture, il s’agit de faire avec plutôt que contre, c’est-à-dire de bricoler avec l’existant, tout en accueillant un maximum de diversité dans l’espace de l’œuvre, pareille à un petit jardin. Je vais donc trafiquer des images et des œuvres, des objets et des concepts, les remettre en mouvement quitte à les détourner.

Il ne s’agit pas de déplacer des œuvres pour les revendre, comme dans le trafic d’art, mais d’œuvrer à des déplacements de sens, un renversement, un art du trafic. On est déjà dans la sphère des échanges aériens internationaux où les appareils peuvent être détournés par des pirates espérant les amener à se poser ailleurs.

Aujourd’hui la tempête est là, crise de civilisation qui vient balayer nos habitudes de confort, notre confiance dans la continuité historique, ce qui est à la fois effrayant, et une chance pour les artistes (…) Pour changer de monde, mieux vaut peut-être affiner nos connaissances et nos sensations là où nous sommes déjà : cultiver notre jardin intérieur, peuplé d’ombres à nommer, à apprivoiser, dans le jeu sans fin de la relecture et de la transmission.

Thibault Franc

Trafic // Sous leur ombre

15 mai – 28 juin 2025

Nombre de places limitées !

Pour s’inscrire, contactez-nous dès maintenant par mail au cp@bakeryartgallery.com en précisant l’heure de la réservation.