Sophie Avon

Le Goût du Bonheur

 

Rencontre littéraire // Mardi 25 mars à 19h

Une dégustation de mézzés méditérrannéens suivra la soirée.
Avec le soutien du Consulat de Turquie à Bordeaux
Entrée libre et gratuite sur réservation : europebordeaux@gmail.com

 

L’Europe est charnellement liée à la Méditerranée par sa géographie, son histoire, sa culture et sa géopolitique. Il y a plus de 10 ans, la Maison de l’Europe dans le cadre de l’année européenne du codéveloppement avait déjà interrogé les relations entre la rive Nord et la rive Sud de la Méditerranée.
La prégnance de l’actualité, les défis économiques, culturels, écologiques, démographiques, migratoires et politiques auxquels l’Europe est confrontée interpellent notre relation avec les pays du voisinage méditerranéen.

Nous avons pensé que nous pourrions lancer, pour la première fois sur Bordeaux et son agglomération, une Semaine Euro Méditerranéenne (SEM) dédiée au dialogue entre les deux rives de notre mer intérieure, mais aussi à la découverte de toutes les cultures et les saveurs qui la bordent. Pour cette première édition, nous mettons à l’honneur trois pays de la Méditerranée orientale : Chypre, la Grèce et la Turquie. Sans plus attendre, embarquez-vous avec nous dans cette odyssée, qui, nous en sommes certains, vous surprendra et vous interpellera.

Carlos Manuel Alves

Président de la Maison de l’Europe de Bordeaux

 

Le Goût du Bonheur

Sélection Goncourt des lectures « coups de cœur » de l’été 2024

« Nous admirions l’ordre des pins entre lesquels des chevreuils apparaissaient parfois, nous étions prêts à nous rompre le cou pour suivre le passage des grues, mais ce qui nous ravissait venait d’un même ressort primitif lié au cycle de la vie. Être ici nous donnait l’illusion de préserver le monde, de lui offrir une chance tous les matins. Ce n’était pas un refuge mais un sanctuaire. »

Paul vient d’acheter une maison de vacances dans les Landes. Sa sœur, Lili, trouve chez lui un hâvre de paix où elle passe des séjours avec Jo, son compagnon. Dans ce décor sauvage, l’heure est à la contemplation. Mais les incendies de l’été 2022 font vaciller leur idée du bonheur. Les pins partent en fumée, les habitants fuient, et Lili, hantée par la malédiction du départ, laisse remonter ses idées noires.
Après la tragédie, pourtant, la forêt reprend ses droits, l’espoir renaît…

Soumis aux variations des saisons et des événements, le roman de Sophie Avon met la nature en majesté, qui, même menacée, demeure un lieu d’ancrage pour des personnages en quête de consolation.

Sophie Avon est écrivaine. Son premier roman, « Le silence de Gabrielle », paraît en 1988. Dix ouvrages suivront, publiés chez Arléa, Gallimard, Denoël et au Mercure de France. Egalement critique de cinéma pour le journal Sud Ouest, elle est longtemps intervienue au Masque et la Plume sur France Inter et à l’émission de télévision sur le cinéma Le Cercle.

 

NICOLE MURATOV // NATACHA ROSCIO // LEO SORS 

 

Salsa Western // Performance

 

// Jeudi 17 avril à 19h 

Salsa Western est une performance qui explore le dialogue entre voix, mouvement et musique, s’intéressant à la logique des rêves et de l’inconscient à travers les textes de Natacha Roscio. La Galerie BAG accueille cette performance en lien avec le projet d’Anaïs Tondeur, UN PARFUM // LA NUIT, sur la piste du parfum d’un rêve.

 

Danse/chorégraphie : Nicole Muratov (Nika Dance Evolution), danseuse et chorégraphe américaine, a dansé 12 ans à l’Opéra National de Bordeaux, interprétant des rôles majeurs. Inspirée par ses collaborations, elle chorégraphie depuis six ans, notamment pour la compagnie Illicite Bayonne. En 2023, elle fonde Nika Dance Evolution et l’année suivante, elle crée Smile, un solo inspiré du film Joker. 

Voix/texte : Natacha Roscio (Collectif Mixeratum Ergo Sum), artiste aux multiples facettes, explore le théâtre, le cinéma et la traduction espagnole. Ses études au Mexique affinent son goût pour l’absurde et le décalage. Inspirée par Jodorowsky, elle réalise Bassine-moi, un moyen-métrage poétique. En 2012, elle co-fonde le Collectif Mixeratum Ergo Sum. Chanteuse depuis 2019, elle crée et interprète des spectacles mêlant musique et poésie.

Musique/composition : Léo Sors. Originaire de Bordeaux, il étudie la flûte traversière et le saxophone. Diplômé de l’Institut des Techniques du Son de Paris en 2013, il s’intéresse à la flute indienne bansuri, au n’goni d’afrique de l’ouest, au duduk arménien, et… aux technologies numériques du looping. En 2021, il rejoint la compagnie de danse contemporaine Multitude et plusieurs autres formations.

 

GIANFRANCO CATANIA // Traumfabrik

Signature de Fragments
Modération Eric Puech // Ghost Tape Party by Andres Alvarez 
// Vendredi 11 avril à 19h 

« Fragments » de Gianfranco Catania naît comme une vue d’ensemble sur vingt ans d’activité et de production artistique. Les oeuvres de ce photographe singulier, diplômé des Beaux-Arts de Bayonne en 2004, ont été présentées à la galerie en novembre 2022 à l’occasion de « 1977 NO FUTURE ». Une exposition qui reste dans les mémoires de tous les amateurs du mouvement PunK. Le livre propose 150 oeuvres choisies pour un tour de manège long de 20 ans.

Eric Puech conçoit, produit et organise des événements culturels mêlant littérature, architecture, peinture, musique, vidéo danse… Il est également commissaire d’expositions et participe à l’émergence du territoire des possibles émerveillements !

GHOST TAPE PARTY avec des cassettes spécialement sélectionnées par Andres Alvarez (Akka DJ Ghost Tape, président à vie de la très secrète « Tape Appreciation Society »). L’occasion de rendre hommage à cette forme d’art magnétique trop souvent négligée et de découvrir des trésors musicaux en tous genres. Une expérience musicale immersive unique et authentique !

All about Magic Black Red and White Noise Order and Disorder and inevitable Desintegration in a Freedom Haze of Terribly Played GuitarsOrbiting Around Warm and Fuzzy Feeling from and for Yeah People living through Punctuation.

 

Anaïs Tondeur raconte Tchernobyl Herbarium

Jean-Michel Durafour présente Tchernobyliana

Echange entre Anaïs Tondeur et Jean-Michel Durafour 

// Vendredi 4 avril à 16h30 

Le 26 avril 1986 à 1h 23mn 44s, le cœur du réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl explose. À travers l’étude de plusieurs gestes artistiques, cet essai interroge ce qu’un tel événement, impliquant des temporalités au-delà de l’expérience humaine possible, a changé dans notre regard et notre façon de faire des images. Contrairement à la bombe atomique, qui a donné lieu à des régimes de représentation exorbitants, la première grande catastrophe environnementale du nucléaire civil ne peut être approchée que par une esthétique inoculée où le regard est partout orienté dans une menace obscure. Trois propositions principales : la radioactivité est moins, pour l’art, un objet de représentation qu’une manière de regarder ; les images du vivant contaminé par la radioactivité (nucléarisé) exigent un regard humain énucléé ; un art de la radioactivité produit une esthétique radieuse.

Jean-Michel Durafour, agrégé de philosophie et docteur en esthétique de l’EHESS, est spécialiste de la philosophie et de l’esthétique du cinéma. Ses recherches portent principalement sur le cinéma hollywoodien et asiatique. Collaborateur de revues comme Trafic, CinémAction et Ligeia, il est aussi membre du comité de rédaction de Cités.

Anaïs Tondeur. Née en 1985. Travaille et vit à Paris. Dans une démarche ancrée dans la pensée écologique, Anaïs Tondeur est engagée dans une pratique interdisciplinaire par laquelle elle explore de nouvelles façons de raconter le monde, porteuses de transformations de notre relation aux autres, au vivant et aux grands cycles de la terre.


Tchernobyl Herbarium est nominé au Prix PICTET 2025

THIBAULT FRANC

Trafic / Sous leur ombre

// 15.05 au 28.06__2025

 

PROLONGATION JUSQU’AU 5 JUILLET 2025 !

Une constante dans mon travail consiste à mettre en relation nature et culture, écologie et histoire de l’art. Parce que je cherche à responsabiliser mes contemporains sur leur rapport au monde devenu dangereux, mais aussi parce que j’associe différents domaines de la culture pour les faire fonctionner ensemble à la façon d’un écosystème. Comme en permaculture, il s’agit de faire avec plutôt que contre, c’est-à-dire de bricoler avec l’existant, tout en accueillant un maximum de diversité dans l’espace de l’œuvre, pareille à un petit jardin.

Je vais donc trafiquer des images et des œuvres, des objets et des concepts, les remettre en mouvement quitte à les détourner. Il ne s’agit pas de déplacer des œuvres pour les revendre, comme dans le trafic d’art, mais d’œuvrer à des déplacements de sens, un renversement, un art du trafic. On est déjà dans la sphère des échanges aériens internationaux où les appareils peuvent être détournés par des pirates espérant les amener à se poser ailleurs.

Aujourd’hui l’avion est devenu un symbole bien moins positif que celui du seul envol libérateur, capable de donner au monde une nouvelle unité. Le « flight shame », la honte de prendre l’avion, « flygskam » en suédois à l’origine, « avihonte » en français, est un phénomène bien réel. A chacun de juger son impact sur l’environnement, mais les silhouettes d’avions jaunes qui figurent sur internet le trafic en temps réel, sont fascinantes pour un plasticien. Il y a tellement d’appareils à l’écran que le monde semble disparaître par moment, on ne devine presque plus les pays cachés sous la représentation des flux de voyageurs, ou plutôt ce sont ces flux qui donnent leur forme aux continents. Comment réagirions-nous si les avions passaient devant les œuvres dans les musées, en nous empêchant de regarder ?

On a donc un nouveau calque, un masque comme ceux que je fais apparaître sur le visage des artistes, grands maîtres du passé qui deviennent eux aussi des brigands et des pirates, des monte-en-l’air. Les avions rajoutent une couche de couleur sur les cartes, ils montrent et dissimulent en même temps, et nous vivons sous leur ombre, comme nous vivons dans celle de tous les esprits qui nous ont précédés, et qui font la belle terre noire de la culture. Vivre dans l’ombre c’est à la fois bénéficier de ce sol, et un temps de la protection du feuillage des grands arbres, mais aussi chercher de plus en plus la lumière, en espérant une brèche dans la forêt suite à un coup de vent.

Aujourd’hui la tempête est là, crise de civilisation qui vient balayer nos habitudes de confort, notre confiance dans la continuité historique, ce qui est à la fois effrayant, et une chance pour les artistes. Car on peut étouffer sous trop de culture, d’où l’intérêt que je trouve à jouer au sauvage, à réemployer des fragments d’œuvres, des citations plus ou moins tranchantes, comme des haches de pierre taillée. Ré-utiliser, c’est upcycler des images en savourant ce qui nous est déjà donné, plutôt que de toujours rêver de nouveaux horizons. L’avion lui aussi nous vend cet espoir de nous dépayser, quand nous ne faisons qu’uniformiser le monde en nous exportant nous-mêmes.

Pour changer de monde, mieux vaut peut-être affiner nos connaissances et nos sensations là où nous sommes déjà : cultiver notre jardin intérieur, peuplé d’ombres à nommer, à apprivoiser, dans le jeu sans fin de la relecture et de la transmission.

Thibault Franc est un artiste français né en 1976 à Bordeaux. Après des études de philosophie, il se consacre aux arts visuels, explorant des disciplines comme le dessin, la peinture, la sculpture et l’art numérique. Son œuvre se caractérise par une fusion d’éléments urbains et naturels, reflétant une quête constante d’équilibre entre sophistication et nature. En 2019, il s’installe en Aveyron, où il combine sa pratique artistique avec des activités liées à la biodiversité et à l’autonomie rurale. Son atelier, rénové en 2023 avec le soutien de la Région Occitanie, est situé en pleine nature, offrant un espace propice à la création et à la réflexion.

QUELQUES PHOTOGRAPHIES // PAR DENIS THOMAS

Crédits photographiques : © 2025 Denis Thomas 

Instagram : un_mémoire_eidetique

CHRISTOPHE AIRAUD

Faire avec peu

// Vernissage le vendredi 14 mars de 18h à 21h
// 14.03 au 10.05__2025 

Commissaire : Christian Pallatier
 

« En janvier 2023, j’ai fait l’acquisition d’un appareil miniature. Un jouet, semble-t-il, mais un bijou nommé Minox Classic Leica M3 fabriqué en 2005. Largeur : 7 cm. Hauteur : 4,7 cm et poids : 110 grammes. Son ancienneté en fait un fragile rebelle à la haute technologie. Je venais d’exposer la série « Trop tard », un certain regard sur la fin des mondes.  Fin des illusions, fin d’une terre en souffrance, fin de l’insouciance, nature morte aux beautés de fanaison.  La sobriété guettait en réponse à ces finitudes. L’intelligence artificielle commençait à roder, les milliards de pixels produisaient par jour des milliards d’images dans le monde. Comment poursuivre la fulgurante pensée de Walter Benjamin pour qui, une image serait « un missile projeté sur le spectateur ». Lui qui a tant réfléchi sur la relation entre la technique et l’art.Et se souvenir de Chris Marker  qui disait : « La photo, c’est la chasse, c’est l’instinct de chasse sans l’envie de tuer. C’est la chasse des anges… On traque, on vise, on tire, et Clac ! Au lieu d’un mort, on fait un éternel ». 

Alors cette année-là, je décidais que le Minox minus serait le complice du chasseur.
Ce boitier, aux fichiers numériques déglingués, au retard de déclenchement frôlant le ridicule (il admet deux secondes à se décider avant de dégainer), au cadrage aléatoire et aux déformations indignes, m’ a accompagné durant 2023 quotidiennement. Ce fut un instrument de capture photographique , fidèle, discret, obtus et râleur mais toujours surprenant. On lui pardonne presque tout. 
Ne pas avoir la main, faire avec peu et petit, retrouver le jeu et le pari serait donc le propos de cette série. Le mini Leica a tenu ses promesses, solide,pas d’abandon, juste une quête d’image. Un compagnonnage loin du progrès, en toute discrétion. »

Christophe Airaud

 

Christophe Airaud est un photographe français qui a débuté sa carrière professionnelle à la fin des années 1980, collaborant en tant que freelance pour des médias comme Libération, L’Humanité et Sud-Ouest. Pendant cette période, il a également exposé ses œuvres à Bordeaux, notamment lors d’une exposition conjointe avec C. Bourgeyx.
En 1990, il s’éloigne de la photographie pour se consacrer au journalisme et travaille aujourd’hui comme grand reporter pour Franceinfo Culture. À partir de 2016, il revient à la photographie et présente plusieurs expositions à la Galerie Rastoll à Paris ainsi qu’à La Place des Photographes à Arles. Parmi ses séries les plus remarquées figurent Disparition(S), Tombé du Ciel et Suerte. Il est actuellement représenté par la Galerie Rastoll à Paris.