Bakery Art Gallery accueille pour la première fois une résidence publique de production et l’installation d’un four éphémère sur la terrasse de BAG. 1400° est un projet de recherche et de création réunissant trois artistes autour d’un événement accidentel : la défaillance électrique d’un four céramique survenue le 26 novembre 2024, lors d’une cuisson dans l’atelier de Valérie Blaize.

 

 

 

 

 

Photographie @Clémence Sabot, Cf. Xomin Sourgens, Jean-François et Valérie Blaize

Alors que le pyromètre indiquait 1240°C, le four semblait peiner à atteindre la température programmée de 1270°C.
Pensant ses pièces sous-cuites, l’artiste interrompt manuellement la cuisson. En réalité, à la suite d’un dysfonctionnement électronique, le four était monté à plus de 1400°C jusqu’à s’auto-détruire, lui et l’ensemble de son chargement.
Ce décalage entre donnée mesurée et réalité thermique révèle une perte de contrôle radicale : la machine échappe à sa fonction, le protocole de cuisson devient fiction et la matière est livrée à une intensité imprévue.

 

 

Valérie Blaize (1979)  plasticienne céramiste travaille à partir de l’irruption de l’imprévu et de la part sauvage de la matière. Son approche, nourrie par une pratique quotidienne du dessin et développée dans l’installation, explore la trace, la faille et les tensions qui fissurent la surface. Le détournement d’objets occupe une place centrale dans son travail. L’artiste en révèle le potentiel latent en les re-contextualisant. Elle les confronte à leur environnement d’exposition, invitant parfois le public à les activer ou les déplacer.

Xomin Sourgens (1979) photographe, travaille principalement en argentique, le plus souvent en noir et blanc. Il  accorde une grande importance à la post-production et à l’archivage de séries inscrites dans un temps long. Marquée par l’errance et la mobilité, son approche explore des  paysages et des espaces empreints de solitude et de dépouillement. À travers une contemplation sobre et silencieuse, l’artiste construit des images où s’articulent mémoire, territoire et temporalité.

Jean-François Bourlard (1970) potier sculpteur se concentre sur la matière et ses limites par la performance de cuisson et l’installation. Il s’intéresse aux forces générées par le feu et aux interactions entre matières fusibles et réfractaires : faïence et grès, porcelaine et émail. Craquelures, fusions, déformations et accidents deviennent des composantes essentielles de son langage plastique. Son travail met en jeu l’impermanence des formes et les processus de transformations qui traversent la matière.

 

 

 

 

Inventaire des éléments électroniques du four sinistré, photos de X. SourgensInstallation du studio photo des éléments du four (prises de vue par V. Blaize) Photos @ Valérie Blaize 

Inventaire des éléments électroniques du four sinistré, photos de X. Sourgens Installation du studio photo des éléments du four (prises de vue par V. Blaize), Photographie @Valérie Blaize

 

À partir de cet incident, à la fois catastrophe matérielle, accident technique et moment de bascule, le projet interroge ce que le four  raconterait de sa folle nuit. Que produit une température hors norme sur la structure des émaux, sur la résistance des terres, sur les équilibres chimiques ? Que devient la notion d’échec lorsque la destruction génère des formes imprévisibles, irréversibles parfois ?

 

La matière poussée à ses limites physiques enregistre la violence du processus : amalgames, déformations, effondrements, vitrifications extrêmes. La destruction devient un opérateur plastique, un révélateur !

 

Quilles d’enfournement agglomérées @ Valérie Blaize

Quilles d’enfournement agglomérées,
Photographie @ Valérie Blaize

1400° explore la dimension narrative de l’accident : oublier le dysfonctionnement pour en faire le point de départ d’une fiction transdisciplinaire où s’entrelacent enquête technique, mémoire matérielle et projection imaginaire. Le four n’est plus seulement un outil, il devient protagoniste, témoin et acteur d’un événement qui reconfigure les rôles entre contrôle et hasard, intention et imprévu.

 

Une première semaine de résidence à la Fabrique Pola a été consacrée à l’”autopsie” du four et de son contenu, documentée par des photographies, des empreintes, des notes et des relevés. Cette phase d’observation minutieuse a permis d’identifier les mutations de la matière et d’analyser les traces laissées par la surchauffe.

Ce temps de réflexion collective a ouvert des hypothèses plastiques, performatives et visuelles qui ne documentent pas seulement un accident, mais en prolongent les effets. Les productions présentées à la Bakery Art Gallery résultent de ce processus.

 

1400° s’inscrit dans une démarche plastique, documentaire et conceptuelle où l’événement technique devient un moteur narratif, une archive vivante, un matériau artistique interrogeant notre rapport au contrôle, à la limite et à l’impermanence des formes.

 

// Pour prolonger l’expérience, rendez-vous à la Bakery Art Gallery ! //

VERNISSAGE // 8.01.2026 // 18h__22h

Sève Montverdo et Tapaï Rezine, duo d’artistes, présentent « Apnée ? Lucidité ! », une exposition où dialoguent peinture et gravure. Leurs regards singuliers convergent, leurs visions se croisent et se répondent, fixant les mêmes horizons sensibles et engagés. Ensemble, ils témoignent de la catastrophe et s’imaginent la représenter sur les parois d’une grotte après l’anthropocène. Cette dystopie picturale est une invitation à entrer dans leur univers politico-poétique.

La fabrique de nuages, une esthétique de la pollution de Sève Montverdo questionne les enjeux écologiques, les bouleversements climatiques et sociétaux en cours, quand Les Dieux Déguisés de Tapaï Rezine interpèlent sur les mouvements migratoires et la destinée humaine. 

Leurs thématiques récurrentes proposées au travers d’une sélection d’une trentaine de toiles trouvent ici l’aboutissement d’un processus engagé il y a trois ans. C’est aussi l’occasion de dévoiler pour la première fois le triptyque à quatre mains à l’origine de cette série et dont l’élément central, trait d’union entre les deux ateliers, marque une synthèse de leurs visions. Il devient alors difficile d’isoler leur travail pour un spectateur qui aurait compris l’imbrication idéologique intime du duo.

Vernissage __ 13.01.2026 // 18h__ 22h

BAKERY ART GALLERY accueille BLAZERS / BLASONS qui présentera l’intégralité de ses collections de blasons et de dossards d’artistes. Ce projet en regroupe actuellement 307 dont le dernier né est celui réalisé pour l’affiche de l’exposition BBB (Blazers / Blasons / Bakery… ou Bordeaux) par Fanette Mellier. 

Depuis 2016, BLAZERS / BLASONS invite des artistes à concevoir un blason ou un dossard réalisé en broderie mécanique. Il s’agit d’une carte blanche ou d’une invitation à rejoindre une collection thématique.
S’inscrivant dans une démarche globale et au long cours, Blazers/Blasons envisage la création au sens large : là où se confrontent et se confortent des savoir-faire dans un rapport exiguë entre l’art contemporain, le design, l’illustration, l’artisanat, la mode…

Ce projet est mené par Le Collectif La Valise, actuellement composé des artistes/éditeurs Samia Oussadit et Pascal Leroux. Il est accompagné par Fanette Mellier artiste et graphiste. 

En replaçant l’héraldique dans le champ de l’art, La Valise met en exergue l’idée que le blason n’appartient à personne, ni figé par le temps. Il s’agit d’un support, d’une image conceptuelle avant tout. Et comme le rappelle Michel Pastoureau, les armoiries agissent comme « des codes sociaux […] révélant deux aspects de ceux qui en font usage : l’identité et la personnalité ». Si la question identitaire est aujourd’hui particulièrement fragile, Blazers / Blasons ouvre une voie poétique et sociale en la soumettant à divers champs contenus dans la création contemporaine.
SYNAPSES, 2024, Peintures sur toile, 30 x 40 cm

Artiste plasticienne, Barbara Schroeder tisse depuis plusieurs années une œuvre où se rencontrent sculpture, peinture et installation, avec pour fil conducteur une attention profonde aux liens entre nature et culture. Entre l’Homme et la Terre. Elle s’attache aux sols, aux racines et aux pratiques agricoles, comme autant de territoires où se révèlent la fragilité de nos équilibres et la force de la vie souterraine.

Ses œuvres racinaires dialoguent avec la mémoire du vivant, de la paysannerie : elles font surgir des réseaux, des entrelacs et des formes organiques qui évoquent autant la croissance végétale que les circulations invisibles de l’énergie.

Barbara Schroeder travaille à partir de matériaux modestes, bruts, organiques, porcelaine, lichen, bouse de vache qu’elle façonne, détourne ou sublime. Ces choix ne relèvent pas d’un simple geste esthétique, mais d’une réflexion profonde sur nos rapports à l’alimentation, au cycle des saisons et aux gestes agricoles qui conditionnent notre avenir commun.

À travers ses peintures et ses sculptures, l’artiste explore la métamorphose de la matière, passant du périssable au pérenne, du fragile au monumental – comme les œuvres à venir pour le Voyage à Nantes en 2026. Ses installations font entrer le spectateur dans un univers où se mêlent mémoire des sols, empreintes humaines et résonances poétiques.

Pour ce premier solo show à la Bakery Art Gallery, Barbara Schroeder propose une exposition intitulée Au centre de leurs ombres. En écho à son installation Les paysannes au Château Brane-Cantenac jusqu’au printemps prochain, une trentaine d’œuvres proposent ici un parcours sensible et engagé, qui fait dialoguer les formes et les textures de la terre et l’éclat des matières transformées. Barbara Schroeder nous invite à repenser notre ancrage et notre lien au vivant, en profondeur. 


Barbara Schroeder est née à Clèves en Allemagne. En 1984, elle s’installe en Gironde où elle étudie à l’Université avant de rejoindre l’Ecole d’Enseignement Supérieur d’Art avec une spécialisation en gravure. Sa pratique est pluridisciplinaire : gravure, peinture, sculpture, installation, performance, céramique et porcelaine. Tous ces matériaux sont une multiplicité de chemins pour explorer, et exposer à l’international, le lien entre l’Homme et la nature, emportant avec elle la voix de toutes les personnes qui travaillent et cultivent ‘le vivant’. Chevalier des Arts et des Lettres, elle est membre de Documents d’Artistes Nouvelle-Aquitaine et bénéficie du soutien des Porcelaines de La Fabrique. Lauréate du Prix Art & Nature 2024 de la Fondation Ulrich Rampp, elle avait auparavant obtenu une bourse de production du Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA en 2020, suivie de l’AIC de la DRAC Nouvelle-Aquitaine en 2021.

ACTUALITÉS

15 janvier – 15 mars 2026 : Résidence artistique en Afrique du Sud avec SAFCA

Mars – avril 2026 : Exposition personnelle suite à une résidence artistique « Viscos, une anthropographie de la montagne », 

Hang-Art, Esquièze-Sère → Vernissage le 24 mars 2026


Été 2026 : Installation artistique dans le cadre du Voyage à Nantes 2026, Jardin Extraordinaire, Nantes → Inauguration le 4 juillet

Baptiste est né en 1952 sur les rivages de la Garonne. Depuis sa plus jeune enfance, il sillonne les bords et les
îles de la Méditerranée, celles des Caraïbes et des Antipodes.
« Peut-être une nuit ai-je rêvé être Ulysse ? Sans doute une autre nuit j’ai rêvé mettre mes pas dans les siens.
Et puis un jour j’ai approché ce rêve de si près qu’il m’en laisse quotidiennement la trace ».

Faire des ronds dans l’eau, sérégraphie, tirage limité à 10 ex – 100 x 70 cm : 2015

Les « pèlerinages » de Baptiste consistent à se rendre sur des lieux mythiques pour en prélever des
traces et répondent à une intuition profonde : l’humanité transmet parce qu’elle oublie, et l’art sert à retrouver la chose perdue.


Baptiste est un artiste voyageur, il prélève limons, terres, eaux, sédiments, fragments de lieux qu’il
intègre à ses œuvres. Sa production comprend peintures, gravures, installations et vidéos, toutes
traversées par un même geste : rapporter à l’atelier une part réelle du paysage. Ses œuvres deviennent ainsi des surfaces sédimentées, où se rencontrent le mouvement du monde, la mémoire des migrations et la fragilité des êtres.


Pour lui, l’art n’est pas abstraction, mais incarnation. La métaphore n’est plus un procédé littéraire, mais se convertit comme acte littéral : transporter une matière, déplacer un fragment de terre. Ici, ce geste dialogue avec le travail conceptuel de Lawrence Weiner (Farine & Eau, 1993, dépôt du MacLYON) qui lui fait face , affirmant la primauté de la matière sur l’idée.


Au centre de son travail se trouve la Méditerranée : Les 7 Merveilles du Monde, L’Iliade et l’Odyssée… Baptiste en recueille les mémoires : mer-faste du commerce antique, mer-idyllique des récits, mais aussi mer tragique, devenue aujourd’hui cimetière des exils. La mer enfin, transparente mais où bien caché, se trouve le sel : mémoire, histoire, survie, dont l’artiste révèle le dépôt invisible.

« Deux statues, un temple, un jardin, deux tombeaux et un phare.
Six de ces merveilles ont aujourd’hui disparu, certaines détruites
par la nature, d’autres par la main de l’homme.
Leurs traces demeurent pourtant bien présentes dans notre monde contemporain.
Le nombre des huitièmes merveilles peut en témoigner.
Les traces plus ou moins apparentes que nous en gardons sont le signe
de notre humanité, le lien que tissent les hommes vers d’autres hommes
dans l’espoir de relier à la chose perdue.
Ne peut-on transmettre que ce que l’on a oublié ou détruit ? »

Baptiste

Sana, East Village, New York, 2019, Format 30×45 numéro 4/30 © Julian Besson [en vente à la galerie]

Julian Besson (1975) est un photographe français basé à Paris et Bordeaux qui nourrit son travail lors de séjours réguliers à New-York. Inspiré par l’esthétique “old school” des années 80 – clips de MTV, hip-hop et cinéma de Spike Lee – il capture l’énergie de la ville, entre héritage et modernité. Spécialiste de la photo urbaine et du portrait en noir et blanc, il saisit le passé dans le présent, traquant dans chaque image les traces persistantes d’une époque révolue, toujours en résonance avec son histoire.

Pour cette première exposition à la Bakery Art Gallery, le street photographe français Julian Besson propose une balade “old school » à New-York :

« Entre 2015 et 2023, j’ai vagabondé des heures dans les rues de la ville, de Harlem à Brooklyn, à la recherche de ceux qui font perdurer l’héritage et l’effervescence des années passées. Je suis parti sur les traces des images de Bruce Davidson, Helen Levitt, Evelyn Hofer, Jamel Shabazz et de tant d’autres célèbres photographes new-yorkais.

D’ailleurs, le choix de photographier principalement en noir et blanc participe au caractère intemporel de mon travail. Mes photographies ne sont presque pas ancrées dans notre époque.

J’ai photographié des histoires de vie, des portraits de toutes les générations au hasard des rues avec des modèles anonymes ou professionnels : artistes de rue, danseurs dans le métro, fashion models, communauté afro, skateurs de Tompkins Square Park, autant de profils qui représentent la diversité culturelle de New-York.

J’ai passé beaucoup de temps dans le Lower East Side et l’East Village avec les Teenagers qui traînent dans les rues. Je me sens proche d’eux et de leur soif de liberté.  

J’aime capturer la vie, raconter  ce que je perçois de la personnalité de chacun. On s’offre mutuellement complicité et intimité. L’instant photographique est toujours un moment privilégié ».

  

Julian Besson

Julian Besson expose son travail depuis trois ans à la galerie La Belle Étoile en Off pendant Les Rencontres de la photographie d’Arles

Expositions (précédentes et en cours) : 

Galerie Joseph, exposition collective, Paris 2019

-Exposition IRK galerie, Arles, Juillet 2021

-Exposition galerie La Belle Étoile, de 2021 à 2025

Publications : 

IRK Magazine, 2019 (France)

Fisheye Magazine – coup de coeur (France)

Fallinepress, 2019 (USA)

C-Heads Mag, 2017 et 2018 (Berlin)

Aserica Mag, 2017 à 2020 (Hong Kong)

Cake Mag, 2024 (Californie)

French Fries Mag, 2024 (Italie)

Everybodystreet Mag, 2024 (USA)

L’Oeil de la Photographie, 2025 (France)