Bordophonia

Bordeaux culture

Bordophonia, média culturel né en 2020 invite ses lecteurs à échanger, chanter, rêver et même parfois danser la ville. 

Toujours à l’affût des innovations créatives et artistiques, ce support cherche à apporter des solutions d’accès à la création et à la culture en proposant des vidéos, podcasts, billets et photographies valorisant Bordeaux et ses habitants. En donnant la parole à ceux qui ont fait, font et feront Bordeaux (créateurs, artistes, penseurs), Bordophonia met en lumière ceux qui continuent de militer dans le champ de la création sous toutes ses formes. 

Pour sa première capsule sonore réalisée en collaboration avec Bordeaux Culture, Bordophonia vous emmène à la découverte de la Bakery Art Gallery, une pâtisserie sans gluten faisant également office de galerie d’art. Située au coin de la rue du Mirail et de la rue Saint-François, sur le chemin de Compostelle, la galerie est sise dans l’ancien Hôtel de la Perle qui raconte en soi une histoire de la ville. Misant sur l’excellence à tous les niveaux, culinaires et artistiques, la BAG propose ces jours-ci une « Dream Bank », oeuvre en sons et images de l’artiste Claire Malrieux, visible depuis la rue en cette période de restrictions sanitaires. Une façon élégante de résister et surtout de préparer l’avenir, qui sera forcément gourmand et curieux !
Rencontre avec Christian & Sylvie Pallatier, fondateurs de l’établissement, et leur pâtissier Mathias.

Bordophonia-Bordeaux-Culture

Dreambank

Claire Malrieux

Du 3 décembre 2020 au 6 mars 2021

Dans le cadre de la prolongation de l’exposition en hommage à John Giorno décédé le 11 octobre 2019, BAG propose une expérience semblable sous bien des aspects à celle de William Burroughs, reclus dans son appartement-bunker new-yorkais. Le poète y utilisait une Orgone box conçue par Wilhelm Reich, un placard en bois intérieurement recouvert de plomb où il se repliait, pour se ressourcer en énergie vitale.
DreamBank entretient avec la poésie de Giorno et de Burroughs des proximités troublantes, ne serait-ce qu’à évoquer à la Dreamachine (1960) de l’artiste Brion Gysin que les deux poètes appréciaient particulièrement. La posture du solitaire, de l’inactif devant l’écran ouvre des portes sur d’infinis mondes dessinés : énergie, vibration et rêverie s’articulent dans l’univers visuel et sonore de Claire Malrieux.
Si le vitalisme expérimenté par Reich n’apporta rien à la science, en revanche, ses liens étroits avec son maître Sigmund Freud, le relient d’évidence à l’interprétation des rêves. Bien loin d’un simple enfermement en un lieu clos, l’univers de DreamBank développe des perspectives illimitées et font écho aux œuvres qui l’entourent : Catch a falling knife (Giorno), Grid Dancing (Leonor Antunes), Shogun (Mario Botta)…

Je fais les courses au supermarché et je veux en sortir sans incident

HYPERDRAWING

Un échange entre Claire Malrieux et Christian Pallatier autour de l’art numérique, en collaboration avec l’école 3iS de Bordeaux.

PARTIE 1 :

PARTIE 2 :

Bordeaux Galerie week-end #7*

Du 3 au 6 décembre 2020

Le Bordeaux Galeries Week-end est de retour pour sa septième édition du 3 au 6 décembre 2020 !
Dix galeries dans la diversité des formes s’unissent afin de présenter le meilleur de la création contemporaine à Bordeaux.
Un week-end pour prendre l’habitude de pousser la porte de ces lieux dont la volonté est la découverte et le partage.

Bordeaux Galeries Week-end 2020

Le 11 octobre 2019, le poète américain John Giorno décédait à New York. Figure essentielle de la poésie dans ses dimensions textuelles, sonores et visuelles, John Giorno avait également porté l’expérimentation poétique au contact des médias de masse et des nouvelles technologies.

Pour rendre un hommage vibrant et vivant au poète John Giorno (1936-2019), le Centre Pompidou a organisé le 19 septembre 2020, dans le cadre du festival de littérature Extra!, un exceptionnel John Giorno Poetry Day orchestré avec les écrivains Anne-James Chaton et Jean-Michel Espitallier. Cet hommage a réuni des artistes, des poètes proches de Giorno, ainsi que d’autres invités issus d’une plus jeune génération marquée par l’œuvre et la vie de John Giorno.

La journée d’hommage s’est déclinée à travers différents évènements tout au long de la journée au Centre Pompidou ainsi que dans des institutions partenaires en province ou à l’étranger, dont la programmation a été retransmise en ligne et dans le Forum -1. 

Ce fut une journée conçue avec les écrivains Anne-James Chaton et Jean-Michel Espitallier.

 Bakery Art Gallery a eu la chance d’être en live sur le compte Instagram du Centre Pompidou à l’occasion d’une conférence intitulée « Merci John d’être venu ! » et réalisée en collaboration avec la radio Ritournelles, Permanences de la Littérature et la participation de l’écrivain et critique Didier Arnaudet et le slameur Maras. 

Je fais la queue mes courses à la main
et je veux sortir sans incident*

“Corrupted selection“ dans la collection MULTIPLES de CNEAI=
(Centre national édition art image).

Du 27 août au 14 novembre 2020

The John Giorno Poetry Day, l’hommage rendu à John Giorno (1936-2019) par le Centre Pompidou dans le cadre d’Extra ! le festival de la littérature vivante (11-27 sept. 2020**), est le socle de cette exposition. Cette “sélection corrompue“ dans la collection Multiples du Cneai présente 33 artistes soigneusement choisis pendant le confinement qui accompagnent un voyage intérieur composé de paysages abstraits, multiples et intranquilles (Julien Carreyn, Anne Frémy, Officeabc, Sigurdur Arni Sigurdsson). Les artistes y pratiquent des jeux d’intervalles mentaux circulant comme des surfaces d’inscription de poèmes (Catch a falling knife, John Giorno), de slogans (Le vide est ailleurs, Philippe Cazal), d’affiches (Lessive, Michel Journiac), de photographies (Olivier de Bouchony), d’objets et de sons (Michael Morley, Aurélie Pétrel, Lee Ranaldo, Leah Singer).

À leur tour, iIs dénoncent les rêveries consommatrices (Claude Closky, Yann Sérandour), écoutent la résonnance des mots sur les murs d’appartement/monde (Anne-James Chaton, Gérard Collin-Thiébaut), font l’expérience de pratiques imaginaires (J’ai rêvé de l’avoir énorme pour te combler, Noël Dolla, Paul-Armand Gette, Elke Krystufek), de la beauté inutile (M/M (Paris)), de la lenteur et de la perte des repères (François Curlet, Karl Holmqvist, Erwin Wurm).

Ils vivent au rythme de la littérature (Koenraad Dedobbeleer) et de l’usage de l’œuvre comme une chambre secrète, un canapé où l’on se vautre, un masque protecteur (I Love to make art, I Hate to create a public, Herman Steins, Le choix du titre est un faux problème, Samon Takahashi), ils théâtralisent l’espace en réduisant l’écart entre les unités de lieu, d’action et de temps, reprenant sa juste mesure (Leonor Antunes, Peter Downsbrough, Yona Friedman, Vera Molnár)***.

Nos écrans d’ordinateur dessinent le quatrième mur d’une pièce dont tous les rappels ne sont pas encore joués (Antigona, M/M (Paris), It will never go again, David Shrigley). Il faudra demain réévaluer le partage entre espace public/privé, l’hybridité entre présentiel/distanciel, célébrer un nomadisme festif et néanmoins prudentiel.

Christian Pallatier
Historien d’art, commissaire d’exposition indépendant.

 

J’ai traversé un confinement semblable sous bien des aspects à celui de William Burroughs dans le placard de son bunker, bien loin d’être un simple enfermement en un lieu clos. Un “simple“ placard de bois – intérieurement recouvert de métal (Orgone box) – où il se tenait reclus, assis sur une chaise pour se ressourcer en énergie vitale. J’ai joui et souffert de la posture du solitaire, de l’inactif et aussi ennuyeux que cela ait pu sembler parfois, cela a permis de développer des formes inédites de création, de communication et de solidarité.

* Le titre de l’exposition est tiré d’une œuvre de John Giorno : Je fais la queue mes courses à la main et je veux sortir sans incident, Gravure avec impression en noir sur papier vélin d’arches, 120 x 120 cm, Édition Cneai, Chatou, 2005.

** Samedi 19 septembre à partir de 18h30 : rencontre-performance en public et sur facebook produite par Permanences de la littérature en partenariat avec BAG___bakeryartgallery / live internet du Centre Pompidou à la galerie BAG.

*** Les œuvres sont en vente à des prix allant de 20 € à 2 000 €.

Beau comme la rencontre fortuite…

Emma Picard – José María Sicilia

Exposition « Beau comme la rencontre fortuite sur un tapis d’abeilles d’un recourbe-cils et d’une pince à escargots »
Et ils eurent beaucoup de recourbes-escargots…

Emma Picard définit son travail comme de la sculpture collaborative dans la lignée de Fluxus. En 2018, l’artiste débute un travail avec 3 ruches et 50 000 « abeilles-assistantes ». Elle produit des œuvres étonnantes par une technique de lavis au jus de citron où les abeilles sculptent l’abstraction de leurs alvéoles géométriques. Ses dessins figuratifs, naturellement « beexelisés », lèvent un pan de voile sur l’absurdité du monde : Adam et Eve chassés du Paradis pollinisant à la main – tels des chinois du Sichuan – croisent un couple tout droit sorti du célèbre poème du Comte de Lautréamont. « Beau comme la rencontre fortuite sur un tapis d’abeilles d’un recourbe-cils et d’une pince à escargots », autant d’images possibles de notre survie dans une « République Poétique ».
www.botoxs.fr/evenement/emma-picard-deborah-forever-chap-2

Luz Plegada / LES MILLE NUITS et UNE NUIT

L’exposition présente les 3 premières planches de la série Les Mille Nuits et Une Nuit (1996), ainsi que 10 des 14 planches de la suite Luz plegada réalisées par l’artiste espagnol José María Sicilia(1955) entre 1992 et 1993 dans l’atelier parisien de l’éditeur Michael Woolworth.
« Dans le cycle LUZ PLEGADA, l’utilisation de papiers Japon diaphanes, le recours au pliage comme à la double impression sur le recto et le verso des feuilles favorisent une confusion féconde entre surface et profondeur. Dans la lumière pliée des pages se déroule une bien curieuse et séduisante partie de cache-cache. Parmi les tâches blondes et les ombres violacées se faufilent de délicats papillons et d’industrieuses abeilles, de précaires insectes, tantôt dissimulés, tantôt éclairés par une goutte de miel dorée. Semblable à l’activité non consciente qui règne au sein de la ruche, l’œuvre de Sicilia revendique en quelque sorte le droit d’opérer à l’intérieur d’elle-même, (…) hors de tout regard. »
Caroline Joubert

www.centredelagravure.be/en/artists/758-sicilia-jose-maria
« Depuis 1986, c’est avec lui que j’ai le plus collaboré : nous avons produit ensemble plus de 300 œuvres. Son exigence et son audace me font sans cesse repousser les limites de ma pratique : plonger un livre dans un bain de cire d’abeille, faire courir un lézard sur une pierre lithographique pour capter l’empreinte de ses pattes, répliquer en litho sur plâtre un tapis persan, débrocher un livre ancien pour recouvrir ses pages d’impressions contemporaines… pour lui, j’ai même mis sous presse des fleurs fraîchement coupées, ne laissant sur la feuille que de vives traces de couleur, comme une métaphore de la beauté consumée »