Le 11 octobre 2019, le poète américain John Giorno décédait à New York. Figure essentielle de la poésie dans ses dimensions textuelles, sonores et visuelles, John Giorno avait également porté l’expérimentation poétique au contact des médias de masse et des nouvelles technologies.

Pour rendre un hommage vibrant et vivant au poète John Giorno (1936-2019), le Centre Pompidou a organisé le 19 septembre 2020, dans le cadre du festival de littérature Extra!, un exceptionnel John Giorno Poetry Day orchestré avec les écrivains Anne-James Chaton et Jean-Michel Espitallier. Cet hommage a réuni des artistes, des poètes proches de Giorno, ainsi que d’autres invités issus d’une plus jeune génération marquée par l’œuvre et la vie de John Giorno.

La journée d’hommage s’est déclinée à travers différents évènements tout au long de la journée au Centre Pompidou ainsi que dans des institutions partenaires en province ou à l’étranger, dont la programmation a été retransmise en ligne et dans le Forum -1. 

Ce fut une journée conçue avec les écrivains Anne-James Chaton et Jean-Michel Espitallier.

 Bakery Art Gallery a eu la chance d’être en live sur le compte Instagram du Centre Pompidou à l’occasion d’une conférence intitulée « Merci John d’être venu ! » et réalisée en collaboration avec la radio Ritournelles, Permanences de la Littérature et la participation de l’écrivain et critique Didier Arnaudet et le slameur Maras. 

la boulangerie nouvelle
est bio, sans gluten et arty

Article sud-ouest 15.09.2020

Sylvie Pallatier, une boulangère unique : esthète, gastronome éclairée, chercheuse et bien faitrice pour la santé.

La boulangerie sans gluten de la Bakery Art Gallery a ouvert ses portes il y a un mois. Elle clôture ce projet de concept store inédit à Bordeaux et connaît déjà un vrai succès.
On dirait des gâteaux, des cakes parsemés de pépites de chocolat. Et puis on s’approche, non, c’est bien du pain et ce sont des olives ou du piment d’Espelette. Et c’est surtout sans gluten. Une première à Bordeaux que cette boulangerie exclusivement sans gluten, dirigée par Sylvie Pallatier.
Le projet était dans les tuyaux depuis un moment déjà. Avec son époux Christian, ils ont imaginé et ont ouvert fin 2019, dans l’ancien hôtel Saint-François, ce lieu incroyable, ce « concept store » qu’est la BAG, la Bakery Art Gallery (notre édition du 29 novembre 2019). L’entrée de la boulangerie est au 24, rue du Mirail alors que celle de la galerie se situe 44 rue Saint François…

Je fais la queue mes courses à la main
et je veux sortir sans incident*

“Corrupted selection“ dans la collection MULTIPLES de CNEAI=
(Centre national édition art image).

Du 27 août au 14 novembre 2020

The John Giorno Poetry Day, l’hommage rendu à John Giorno (1936-2019) par le Centre Pompidou dans le cadre d’Extra ! le festival de la littérature vivante (11-27 sept. 2020**), est le socle de cette exposition. Cette “sélection corrompue“ dans la collection Multiples du Cneai présente 33 artistes soigneusement choisis pendant le confinement qui accompagnent un voyage intérieur composé de paysages abstraits, multiples et intranquilles (Julien Carreyn, Anne Frémy, Officeabc, Sigurdur Arni Sigurdsson). Les artistes y pratiquent des jeux d’intervalles mentaux circulant comme des surfaces d’inscription de poèmes (Catch a falling knife, John Giorno), de slogans (Le vide est ailleurs, Philippe Cazal), d’affiches (Lessive, Michel Journiac), de photographies (Olivier de Bouchony), d’objets et de sons (Michael Morley, Aurélie Pétrel, Lee Ranaldo, Leah Singer).

À leur tour, iIs dénoncent les rêveries consommatrices (Claude Closky, Yann Sérandour), écoutent la résonnance des mots sur les murs d’appartement/monde (Anne-James Chaton, Gérard Collin-Thiébaut), font l’expérience de pratiques imaginaires (J’ai rêvé de l’avoir énorme pour te combler, Noël Dolla, Paul-Armand Gette, Elke Krystufek), de la beauté inutile (M/M (Paris)), de la lenteur et de la perte des repères (François Curlet, Karl Holmqvist, Erwin Wurm).

Ils vivent au rythme de la littérature (Koenraad Dedobbeleer) et de l’usage de l’œuvre comme une chambre secrète, un canapé où l’on se vautre, un masque protecteur (I Love to make art, I Hate to create a public, Herman Steins, Le choix du titre est un faux problème, Samon Takahashi), ils théâtralisent l’espace en réduisant l’écart entre les unités de lieu, d’action et de temps, reprenant sa juste mesure (Leonor Antunes, Peter Downsbrough, Yona Friedman, Vera Molnár)***.

Nos écrans d’ordinateur dessinent le quatrième mur d’une pièce dont tous les rappels ne sont pas encore joués (Antigona, M/M (Paris), It will never go again, David Shrigley). Il faudra demain réévaluer le partage entre espace public/privé, l’hybridité entre présentiel/distanciel, célébrer un nomadisme festif et néanmoins prudentiel.

Christian Pallatier
Historien d’art, commissaire d’exposition indépendant.

 

J’ai traversé un confinement semblable sous bien des aspects à celui de William Burroughs dans le placard de son bunker, bien loin d’être un simple enfermement en un lieu clos. Un “simple“ placard de bois – intérieurement recouvert de métal (Orgone box) – où il se tenait reclus, assis sur une chaise pour se ressourcer en énergie vitale. J’ai joui et souffert de la posture du solitaire, de l’inactif et aussi ennuyeux que cela ait pu sembler parfois, cela a permis de développer des formes inédites de création, de communication et de solidarité.

* Le titre de l’exposition est tiré d’une œuvre de John Giorno : Je fais la queue mes courses à la main et je veux sortir sans incident, Gravure avec impression en noir sur papier vélin d’arches, 120 x 120 cm, Édition Cneai, Chatou, 2005.

** Samedi 19 septembre à partir de 18h30 : rencontre-performance en public et sur facebook produite par Permanences de la littérature en partenariat avec BAG___bakeryartgallery / live internet du Centre Pompidou à la galerie BAG.

*** Les œuvres sont en vente à des prix allant de 20 € à 2 000 €.

Beau comme la rencontre fortuite…

Emma Picard – José María Sicilia

Exposition « Beau comme la rencontre fortuite sur un tapis d’abeilles d’un recourbe-cils et d’une pince à escargots »
Et ils eurent beaucoup de recourbes-escargots…

Emma Picard définit son travail comme de la sculpture collaborative dans la lignée de Fluxus. En 2018, l’artiste débute un travail avec 3 ruches et 50 000 « abeilles-assistantes ». Elle produit des œuvres étonnantes par une technique de lavis au jus de citron où les abeilles sculptent l’abstraction de leurs alvéoles géométriques. Ses dessins figuratifs, naturellement « beexelisés », lèvent un pan de voile sur l’absurdité du monde : Adam et Eve chassés du Paradis pollinisant à la main – tels des chinois du Sichuan – croisent un couple tout droit sorti du célèbre poème du Comte de Lautréamont. « Beau comme la rencontre fortuite sur un tapis d’abeilles d’un recourbe-cils et d’une pince à escargots », autant d’images possibles de notre survie dans une « République Poétique ».
www.botoxs.fr/evenement/emma-picard-deborah-forever-chap-2

Luz Plegada / LES MILLE NUITS et UNE NUIT

L’exposition présente les 3 premières planches de la série Les Mille Nuits et Une Nuit (1996), ainsi que 10 des 14 planches de la suite Luz plegada réalisées par l’artiste espagnol José María Sicilia(1955) entre 1992 et 1993 dans l’atelier parisien de l’éditeur Michael Woolworth.
« Dans le cycle LUZ PLEGADA, l’utilisation de papiers Japon diaphanes, le recours au pliage comme à la double impression sur le recto et le verso des feuilles favorisent une confusion féconde entre surface et profondeur. Dans la lumière pliée des pages se déroule une bien curieuse et séduisante partie de cache-cache. Parmi les tâches blondes et les ombres violacées se faufilent de délicats papillons et d’industrieuses abeilles, de précaires insectes, tantôt dissimulés, tantôt éclairés par une goutte de miel dorée. Semblable à l’activité non consciente qui règne au sein de la ruche, l’œuvre de Sicilia revendique en quelque sorte le droit d’opérer à l’intérieur d’elle-même, (…) hors de tout regard. »
Caroline Joubert

www.centredelagravure.be/en/artists/758-sicilia-jose-maria
« Depuis 1986, c’est avec lui que j’ai le plus collaboré : nous avons produit ensemble plus de 300 œuvres. Son exigence et son audace me font sans cesse repousser les limites de ma pratique : plonger un livre dans un bain de cire d’abeille, faire courir un lézard sur une pierre lithographique pour capter l’empreinte de ses pattes, répliquer en litho sur plâtre un tapis persan, débrocher un livre ancien pour recouvrir ses pages d’impressions contemporaines… pour lui, j’ai même mis sous presse des fleurs fraîchement coupées, ne laissant sur la feuille que de vives traces de couleur, comme une métaphore de la beauté consumée »

Octopus

Dominique Bertail, Emmanuel Bornstein, Alexandre Clérisse, Mister Kern,
Lassâad Métoui, Laurent Perbos, Albertine Zullo…

BAG est heureuse d’inviter Octopus à présenter sa philosophie artistique culinaire : OCTOPUS INto BAG. Au programme de cette exposition hybride, des œuvres originales et des éditions des collections Octopus* : la dernière-née, la Saint-Jacques s’invite à la table du poivre, du safran, de la moutarde, du piment et de l’ail tandis que chaque met s’anime sur les murs de BAG et sous la houlette de leurs créateurs (Dominique Bertail, Mister Kern, Alexandre Clérisse, Lassâad Métoui, Albertine Zullo, Emmanuel Bornstein, Laurent Perbos…). L’occasion de proposer un marché éphémère d’épices en collaboration avec Sacré Français (sous réserve), Art & Craft (artistes céramistes), performance poétique (Jean-Rodolphe Loth, Donatien Garnier), lecture gourmande…
OCTOPUS PRECIS ARTISTIQUE DES MOTS DE BOUCHE Octopus est une revue où les univers les plus divers se mettent à table ensemble. Chaque numéro est articulé autour d’un met, un condiment, un légume … lequel est décortiqué par des personnalités invitées à mettre celui-ci en perspective à la lumière de leur spécialité. Une variation autour d’un seul thème : la transmission, le partage, la découverte de l’essence d’un aliment à travers sa déclinaison historique, scientifique, littéraire, artistique, culinaire, botanique et culturelle.