
Sève Montverdo et Tapaï Rezine, duo d’artistes, présentent « Apnée ? Lucidité ! », une exposition où dialoguent peinture et gravure. Leurs regards singuliers convergent, leurs visions se croisent et se répondent, fixant les mêmes horizons sensibles et engagés. Ensemble, ils témoignent de la catastrophe et s’imaginent la représenter sur les parois d’une grotte après l’anthropocène. Cette dystopie picturale est une invitation à entrer dans leur univers politico-poétique.
La fabrique de nuages, une esthétique de la pollution de Sève Montverdo questionne les enjeux écologiques, les bouleversements climatiques et sociétaux en cours, quand Les Dieux Déguisés de Tapaï Rezine interpèlent sur les mouvements migratoires et la destinée humaine.
Leurs thématiques récurrentes proposées au travers d’une sélection d’une trentaine de toiles trouvent ici l’aboutissement d’un processus engagé il y a trois ans. C’est aussi l’occasion de dévoiler pour la première fois le triptyque à quatre mains à l’origine de cette série et dont l’élément central, trait d’union entre les deux ateliers, marque une synthèse de leurs visions. Il devient alors difficile d’isoler leur travail pour un spectateur qui aurait compris l’imbrication idéologique intime du duo.

BAKERY ART GALLERY accueille BLAZERS / BLASONS qui présentera l’intégralité de ses collections de blasons et de dossards d’artistes. Ce projet en regroupe actuellement 307 dont le dernier né est celui réalisé pour l’affiche de l’exposition BBB (Blazers / Blasons / Bakery… ou Bordeaux) par Fanette Mellier.
Depuis 2016, BLAZERS / BLASONS invite des artistes à concevoir un blason ou un dossard réalisé en broderie mécanique. Il s’agit d’une carte blanche ou d’une invitation à rejoindre une collection thématique.
S’inscrivant dans une démarche globale et au long cours, Blazers/Blasons envisage la création au sens large : là où se confrontent et se confortent des savoir-faire dans un rapport exiguë entre l’art contemporain, le design, l’illustration, l’artisanat, la mode…
Ce projet est mené par Le Collectif La Valise, actuellement composé des artistes/éditeurs Samia Oussadit et Pascal Leroux. Il est accompagné par Fanette Mellier artiste et graphiste.
En replaçant l’héraldique dans le champ de l’art, La Valise met en exergue l’idée que le blason n’appartient à personne, ni figé par le temps. Il s’agit d’un support, d’une image conceptuelle avant tout. Et comme le rappelle Michel Pastoureau, les armoiries agissent comme « des codes sociaux […] révélant deux aspects de ceux qui en font usage : l’identité et la personnalité ». Si la question identitaire est aujourd’hui particulièrement fragile, Blazers / Blasons ouvre une voie poétique et sociale en la soumettant à divers champs contenus dans la création contemporaine.

Artiste plasticienne, Barbara Schroeder tisse depuis plusieurs années une œuvre où se rencontrent sculpture, peinture et installation, avec pour fil conducteur une attention profonde aux liens entre nature et culture. Entre l’Homme et la Terre. Elle s’attache aux sols, aux racines et aux pratiques agricoles, comme autant de territoires où se révèlent la fragilité de nos équilibres et la force de la vie souterraine.
Ses œuvres racinaires dialoguent avec la mémoire du vivant, de la paysannerie : elles font surgir des réseaux, des entrelacs et des formes organiques qui évoquent autant la croissance végétale que les circulations invisibles de l’énergie.
Barbara Schroeder travaille à partir de matériaux modestes, bruts, organiques, porcelaine, lichen, bouse de vache qu’elle façonne, détourne ou sublime. Ces choix ne relèvent pas d’un simple geste esthétique, mais d’une réflexion profonde sur nos rapports à l’alimentation, au cycle des saisons et aux gestes agricoles qui conditionnent notre avenir commun.
À travers ses peintures et ses sculptures, l’artiste explore la métamorphose de la matière, passant du périssable au pérenne, du fragile au monumental – comme les œuvres à venir pour le Voyage à Nantes en 2026. Ses installations font entrer le spectateur dans un univers où se mêlent mémoire des sols, empreintes humaines et résonances poétiques.
Pour ce premier solo show à la Bakery Art Gallery, Barbara Schroeder propose une exposition intitulée Au centre de leurs ombres. En écho à son installation Les paysannes au Château Brane-Cantenac jusqu’au printemps prochain, une trentaine d’œuvres proposent ici un parcours sensible et engagé, qui fait dialoguer les formes et les textures de la terre et l’éclat des matières transformées. Barbara Schroeder nous invite à repenser notre ancrage et notre lien au vivant, en profondeur.
Barbara Schroeder est née à Clèves en Allemagne. En 1984, elle s’installe en Gironde où elle étudie à l’Université avant de rejoindre l’Ecole d’Enseignement Supérieur d’Art avec une spécialisation en gravure. Sa pratique est pluridisciplinaire : gravure, peinture, sculpture, installation, performance, céramique et porcelaine. Tous ces matériaux sont une multiplicité de chemins pour explorer, et exposer à l’international, le lien entre l’Homme et la nature, emportant avec elle la voix de toutes les personnes qui travaillent et cultivent ‘le vivant’. Chevalier des Arts et des Lettres, elle est membre de Documents d’Artistes Nouvelle-Aquitaine et bénéficie du soutien des Porcelaines de La Fabrique. Lauréate du Prix Art & Nature 2024 de la Fondation Ulrich Rampp, elle avait auparavant obtenu une bourse de production du Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA en 2020, suivie de l’AIC de la DRAC Nouvelle-Aquitaine en 2021.
ACTUALITÉS
15 janvier – 15 mars 2026 : Résidence artistique en Afrique du Sud avec SAFCA
Mars – avril 2026 : Exposition personnelle suite à une résidence artistique « Viscos, une anthropographie de la montagne »,
Hang-Art, Esquièze-Sère → Vernissage le 24 mars 2026
Été 2026 : Installation artistique dans le cadre du Voyage à Nantes 2026, Jardin Extraordinaire, Nantes → Inauguration le 4 juillet
Baptiste est né en 1952 sur les rivages de la Garonne. Depuis sa plus jeune enfance, il sillonne les bords et les
îles de la Méditerranée, celles des Caraïbes et des Antipodes.
« Peut-être une nuit ai-je rêvé être Ulysse ? Sans doute une autre nuit j’ai rêvé mettre mes pas dans les siens.
Et puis un jour j’ai approché ce rêve de si près qu’il m’en laisse quotidiennement la trace ».

Les « pèlerinages » de Baptiste consistent à se rendre sur des lieux mythiques pour en prélever des
traces et répondent à une intuition profonde : l’humanité transmet parce qu’elle oublie, et l’art sert à retrouver la chose perdue.
Baptiste est un artiste voyageur, il prélève limons, terres, eaux, sédiments, fragments de lieux qu’il
intègre à ses œuvres. Sa production comprend peintures, gravures, installations et vidéos, toutes
traversées par un même geste : rapporter à l’atelier une part réelle du paysage. Ses œuvres deviennent ainsi des surfaces sédimentées, où se rencontrent le mouvement du monde, la mémoire des migrations et la fragilité des êtres.
Pour lui, l’art n’est pas abstraction, mais incarnation. La métaphore n’est plus un procédé littéraire, mais se convertit comme acte littéral : transporter une matière, déplacer un fragment de terre. Ici, ce geste dialogue avec le travail conceptuel de Lawrence Weiner (Farine & Eau, 1993, dépôt du MacLYON) qui lui fait face , affirmant la primauté de la matière sur l’idée.
Au centre de son travail se trouve la Méditerranée : Les 7 Merveilles du Monde, L’Iliade et l’Odyssée… Baptiste en recueille les mémoires : mer-faste du commerce antique, mer-idyllique des récits, mais aussi mer tragique, devenue aujourd’hui cimetière des exils. La mer enfin, transparente mais où bien caché, se trouve le sel : mémoire, histoire, survie, dont l’artiste révèle le dépôt invisible.
« Deux statues, un temple, un jardin, deux tombeaux et un phare.
Six de ces merveilles ont aujourd’hui disparu, certaines détruites
par la nature, d’autres par la main de l’homme.
Leurs traces demeurent pourtant bien présentes dans notre monde contemporain.
Le nombre des huitièmes merveilles peut en témoigner.
Les traces plus ou moins apparentes que nous en gardons sont le signe
de notre humanité, le lien que tissent les hommes vers d’autres hommes
dans l’espoir de relier à la chose perdue.
Ne peut-on transmettre que ce que l’on a oublié ou détruit ? »
Baptiste