La Bakery Art Gallery a l’opportunité rare d’accueillir HIDDEN TRUTH – La Vérité Cachée, une exposition qui fracture les certitudes et met en tension nos récits contemporains. Ici, la vérité n’est pas un bloc stable : elle glisse, elle se trouble, elle performe. Dans un monde saturé d’images, l’exposition ouvre une faille critique et esthétique.
« L’absurde est l’idée essentielle et la première vérité. »
– Albert Camus
Entre les visions de Friedrich Nietzsche (la vérité comme illusion), Socrate (comme opinion), Immanuel Kant (comme conformité rationnelle) ou Michel Foucault (comme construction politique) l’exposition pose une pluralité de cadres conceptuels.

À l’ère du deep fake, de l’intelligence artificielle, du complotisme et des narrations fragmentées, la vérité ne se présente plus comme une évidence stable. Elle se dissimule derrière des dispositifs visuels, des récits dominants, des mécanismes de pouvoir et des croyances collectives.
À travers l’installation, la photographie, la sculpture, la peinture et la vidéo, les artistes explorent les zones grises entre réalité et représentation. Chaque œuvre fonctionne comme un indice : elle ne délivre pas une réponse, elle active une enquête. L’exposition interroge notre capacité à discerner, à douter, à reconstruire du sens sans jugement moral, mais avec une exigence esthétique forte.
Crédit image : Corine Borgnet, The Hidden True.
Corine Borgnet injecte l’absurde et l’oxymore au cœur du dispositif. À travers des matériaux hétéroclites – os, résine, objets domestiques – elle construit des vanités contemporaines où le corps absent devient trace archéologique. Elle révèle une vérité intime, fragmentée, jamais imposée.
Cyrille Borgnet travaille le béton comme une matière-mémoire. Ses arbres minutieusement sculptés et ses paysages fissurés suggèrent la faille, l’accident, la fracture du réel. Il matérialise la tension entre solidité apparente et instabilité sous-jacente.
Bryan Crockett convoque l’étrangeté et le trouble perceptif. Son œuvre, reconnue à l’international, explore des formes ambiguës qui déstabilisent nos repères visuels et psychologiques, révélant l’inquiétante étrangeté du quotidien.
Hélène Langlois détourne les codes de l’histoire de l’art par le médium photographique. En jouant avec la lumière et le clair-obscur, elle voile ce que l’on croit devoir voir, questionnant mémoire, conservation et regard occidental.

Crédit Photo : Mathieu Weiler, l’image manquante Solanas /
warhol – warhol lisant Up Your Ass, huile sur toile 27 x 19 cm, 2025.
Jeanne Susplugas aborde les enfermements mentaux et sociaux. À travers des dispositifs séduisants mais perturbants, elle met en scène les mécanismes d’obsession et de reconstruction, révélant la fragilité psychique contemporaine.
Nicolas Tourte opère par micro-glissements. Ses dispositifs vidéo et ses fragments collectés transforment l’anodin en paysage mental. Il révèle les structures invisibles qui régissent nos environnements quotidiens.
Mathieu Weiler questionne les récits dominants et les images manquantes. En revisitant des mythologies contemporaines, il met en lumière les oublis factuels et les rapports de pouvoir qui façonnent notre mémoire collective.

Crédit image : Corine Borgnet, La croix chatelaine
reliquaire, Os de volailles,2021, 60 x 80.
Avec HIDDEN TRUTH – La Vérité Cachée, la Bakery Art Gallery affirme une programmation exigeante et conceptuellement ancrée dans les enjeux du XXIe siècle. L’exposition ne donne pas une vérité : elle met le regard en mouvement. Et peut-être que, justement, la vérité réside dans cette friction.
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